L'économie de la Nouvelle-Calédonie - Vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie

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Economie

L’économie de la Nouvelle-Calédonie

Cet article a été rédigé à partir des éléments fournis par l’observatoire Économique de
l’ISEE (Institut de la statistique et des études économiques - Courriel : oe@isee.nc). Il a été mis à jour en 2015 par Isabelle Amiot.

Cet article a été rédigé à partir des éléments fournis par l’ISEE (Institut de la statistique et des études économiques). Les informations présentées ici sont disponibles dans leur intégralité sur www.isee.nc

La Nouvelle-Calédonie a enregistré une croissance économique marquée par un rythme soutenu : en moyenne presque 4% par an pendant une vingtaine d’années. Puis la croissance a diminué de moitié depuis le début de la décennie.

Estimé à plus de 3 millions par habitant en 2013, le PIB par habitant est très loin devant celui des autres petites économies insulaires du Pacifique Sud. La Nouvelle-Calédonie se situe en « richesse créée par habitant » après l’Australie et la Nouvelle-Zélande et au niveau moyen observé dans les pays européens.

De nombreux indicateurs laissent à penser qu’a émergé, vers le milieu des années 1980, une nouvelle économie calédonienne caractérisée par un secteur tertiaire prédominant, un secteur nickel essentiel au développement industriel du territoire, un appareil productif, hors nickel, relativement intégré et diversifié compte tenu de la taille de l’économie et des contraintes géoéconomiques, qui contribue de manière stable au PIB et enfin, un secteur agricole qui ne représente plus que 2 % du PIB contre environ 10 % au début des années 1960.

La tertiarisation de l’économie calédonienne n’a cessé de s’amplifier depuis le début des années 1960 (54 % du PIB de l’époque) pour atteindre aujourd’hui plus de 70 %, notamment du fait du développement des services non marchands.

La Nouvelle-Calédonie étant un acteur important sur le marché mondial du nickel, celui-ci occupe une place emblématique. S’il constitue bien la principale ressource d’exportation, le poids relatif du secteur nickel a eu globalement tendance à décliner à partir du début des années 1970. À la fin du “boom du nickel” (en 1971), le secteur contribuait pour environ 30 % au PIB calédonien. Cette part n’a cessé de décliner avec un “point bas” en 1998, date à partir de laquelle la remontée des cours s’est traduite par une augmentation du poids relatif du nickel (4,5 % en 2009 suite à la chute des cours mondiaux après une année 2007 exceptionnelle).

LE NICKEL, ÉLÉMENT MOTEUR DE L’ÉCONOMIE

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Mine de nickel à ciel ouvert

L’activité minière est indissociable de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie. Si, dans les années qui suivent la prise de possession par la France, les découvertes se succèdent (charbon, or, cuivre, cobalt, chrome, antimoine…), la plus importante est celle du minerai de nickel par Jules Garnier en 1864. Le nickel est le seul minerai dont l’exploitation a été continue.

La Nouvelle-Calédonie recèle 25 % des réserves mondiales de nickel connues et assure environ 9 % de la production mondiale, le nickel constitue un potentiel majeur pour le développement de la Nouvelle-Calédonie. En contrepartie, l’économie est extrêmement dépendante de son exploitation qui est, elle-même, fortement tributaire des fluctuations du marché mondial. Ainsi, la production du nickel en Nouvelle-Calédonie a connu plusieurs crises graves et quatre « booms » importants, avec un marché au plus haut en 2007 et retombé depuis.

Le minerai présent dans les massifs de péridotites occupe le tiers de la superficie totale du territoire. L’extraction est assurée par quelques sociétés d’inégale importance. Les emplois générés par l’activité nickélifère sont nombreux, tant
au niveau de la mine proprement dite que des usines métallurgiques. Sur mine, les emplois (plus de 2 600 salariés en 2015) sont répartis entre les mineurs de la SLN et les autres mineurs, auxquels s’ajoutent des rouleurs et autres contracteurs.

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L’usine métallurgique de la SLN à Nouméa

L’évacuation du minerai depuis la mine jusqu’au bord de mer se fait généralement par camion. Le minerai de nickel extrait est soit directement exporté à l’état brut, soit transporté jusqu’à une usine métallurgique pour y être transformé.

En 2013, la production s’élevait à 145 000 tonnes de nickel (minerai de métal contenu).

Bien que variable selon le client et les négociations, le prix du minerai de nickel exporté est directement dépendant du cours du nickel au London Metal Exchange. Compte tenu de la part importante des exportations de nickel dans les exportations calédoniennes, l’orientation à la baisse des cours du nickel pénalise les exportations et déstabilise la balance commerciale.

La Nouvelle-Calédonie compte aujourd’hui trois usines métallurgiques :

  • la plus ancienne, celle de Doniambo, localisée à Nouméa, appartient à la Société Le Nickel ;
  • l’usine du Nord de Koniambo KNS est entrée en production en 2013
  • l’usine de Goro Vale Nouvelle-Calédonie, au Sud de la Grande Terre.
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L’usine pyrométallurgique de Koniambo (KNS) à Vavouto

LE SECTEUR PUBLIC, ÉLÉMENT STABILISATEUR

Peu soumis aux variations conjoncturelles, le secteur public est un élément stabilisateur de l’économie de la Nouvelle-Calédonie : on ne connaît en effet pas de baisse de la masse salariale versée par le secteur public. En 2007, les dépenses du secteur public s’élèvent à plus de 358 milliards de F.CFP dont 41 % de charges salariales ; le montant des prestations sociales versées aux ménages s’élève à 107 milliards de F.CFP. L’effort consacré aux dépenses d’investissement par le secteur public a dépassé les 30 milliards de F.CFP, soit 9 % des dépenses totales contre moins de 1 % pour les intérêts versés. Cela représente un taux d’investissement du secteur public de 4 %. En 2007, la contribution du secteur public au Produit Intérieur Brut (PIB) représente 18 % contre 16 % en Métropole.

En termes d’emploi salarié (à temps plein ou à temps partiel), avec 25 241 personnes (fonctionnaires et non titulaires), le secteur public représente 28 % en 2013 des salariés de Nouvelle-Calédonie.

PRÉDOMINANCE DU SECTEUR TERTIAIRE

Face à la faiblesse du tissu industriel, une grande partie des besoins de la Nouvelle-Calédonie ne peut être assurée que par un recours conséquent aux importations finales (voitures, électroménager...) ou intermédiaires (matières premières destinées à la transformation locale), ce qui explique la part prépondérante que tient le secteur du commerce dans l’économie calédonienne. Ce secteur a également un rôle essentiel pour l’aménagement de l’archipel compte tenu de la dispersion de la population dans l’intérieur de la Grande Terre et dans les îles.

Le commerce compte plus de 10 000 salariés en 2013 et près de 4 000 entreprises commerciales recensées fin 2010 par le RIDET (Répertoire d’identification des Entreprises et des Établissements). Les hypermarchés de Nouvelle-Calédonie se trouvent essentiellement dans le Grand Nouméa, la majorité des supermarchés est située en province Sud, les supérettes et les commerces d’alimentation générale sont plus équitablement répartis entre les trois provinces.

Les services marchands (non compris le commerce) se composent des transports et communications, des banques et assurances, des services rendus principalement aux entreprises, et des services rendus principalement aux ménages. Leur essor récent s’est ainsi traduit par le développement des organismes financiers, des assurances, des agences comptables ou de l’hôtellerie, accompagné de la création de nombreux emplois féminins. Cette féminisation de l’activité a elle-même eu pour effet de créer un important besoin en services, entraînant un recours accru aux garderies d’enfants, à la restauration hors du ménage ou aux repas livrés à domicile, ou encore à l’aide-ménagère. Les transports et télécommunications se démarquent par leur croissance rapide, signe d’une société qui s’ouvre vers l’extérieur. L’installation de Canal+ en 1994, le succès du téléphone mobile, d’Internet et l’arrivée en 1999 d’un bouquet de chaînes généralistes et thématiques distribuées par satellite, en sont la démonstration.

PETITES INDUSTRIES ET CONSTRUCTION, DEUX GRANDS POURVOYEURS D’EMPLOI

Les PMI néo-calédoniennes demeurent encore absentes de certains secteurs et notamment de la plupart des industries de biens d’équipement en raison de l’étroitesse du marché local. En 2010, 2 600 entreprises sont inscrites au RIDET au titre des industries manufacturières. Les PMI exercent une activité de transformation pour la satisfaction du marché local, et très marginalement pour l’exportation. Afin de limiter l’entrée des produits concurrents, il existe en Nouvelle-Calédonie des protections réglementaires. La production industrielle locale bénéficie de protections tarifaires (droits et taxes à l’importation) et de contingentement à l’importation. Le secteur de la construction, avec 11,5 % du PIB en 2009 et plus de 8 300 salariés en 2013, a un poids important dans l’économie calédonienne. Il s’est développé à partir du milieu des années 60, avec le boom du nickel qui a entraîné une demande accrue en logements. Vers le début des années 90, l’activité de la construction a bénéficié de la progression des investissements liée aux Accords de Matignon. La mise en place des provinces et la large décentralisation des pouvoirs et des compétences qui en a découlé, ont fait de ces trois collectivités les moteurs des réformes de rééquilibrage du territoire.

De nombreux chantiers publics se sont ainsi développés (équipements provinciaux, réseaux routiers, écoles, infrastructures médicales...), accompagnés d’initiatives privées (constructions d’habitations individuelles ou collectives), principalement concentrées dans le Grand Nouméa puis dans la zone VKP (Voh-Koné-Pouembout).
Par ailleurs, les contrats de développement entre l’État, les provinces et les communes, se sont attachés au développement de l’habitat social.

À partir de 1996, la conjoncture du secteur, devenue plus maussade, a été redynamisée. Des mesures de défiscalisation ont eu un impact, avec la construction d’immeubles d’habitation, d’hôtels et de résidences hôtelières L’activité du secteur reste dynamique malgré quelques signes de ralentissement liés à la fin du chantier de l’usine du Sud. Le développement de la zone VKP (Voh-Koné-Pouembout) et les grands chantiers ont contribué à tirer l’activité du secteur en 2010.

AGRICULTURE, PÊCHE, AQUACULTURE

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Champ vivrier d’igname

Le secteur de l’agriculture qui englobe les productions agricoles ainsi que la pêche,
l’aquaculture et l’élevage, représente moins de 2 % du PIB. Néanmoins, la pêche et l’agriculture (vivrière ou marchande) occupent une place centrale dans la
société calédonienne.
Ces activités permettent en effet de contenir l’exode rural en fixant les populations sur leurs terres d’origine. Le recensement agricole de 2012 dénombrait 4 506 exploitations agricoles (soit 19 % de moins en 10 ans) pour une « Superficie Agricole Utilisée » (SAU) de 182 000 hectares.

Le développement et la diversification de l’ensemble de ces activités, encouragées par les collectivités, permettent de conquérir le marché intérieur en substitution aux importations mais également d’envisager des exportations pour les crevettes, le thon, les letchis, les cerfs, et les squashs.

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Elevage sur la Côte ouest

En Nouvelle-Calédonie, le secteur de l’aquaculture en 2010 repose principalement sur la « filière crevette ». Celle-ci a démarré au début des années 80, après des recherches menées par l’IFREMER pour déterminer les variétés de crevettes adaptées et les techniques de reproduction et d’élevage. C’est la Penaeus Stylirostris qui fut choisie. L’activité, qui a peu à peu pris de l’ampleur, figure aujourd’hui au second rang des exportations calédoniennes après les produits du secteur du nickel. En 2013, les fermes aquacoles d’une superficie totale de 714 hectares ont produit plus de 1 500 tonnes de crevettes dont la vente à l’exportation a rapporté plus d’1 milliard 300 millions de F.CFP.

Trois types de pêche professionnelle sont pratiqués en Nouvelle-Calédonie : la pêche
lagonaire, la pêche côtière et la pêche hauturière.

  • La pêche lagonaire  : opérée à l’intérieur du lagon, dont les produits (bêches de mer, coquilles de trocas, poissons) sont destinés à la fois au marché local et à l’exportation vers les pays asiatiques.
  • La pêche côtière : pratiquée à l’extérieur du lagon pour la capture des poissons profonds et des poissons pélagiques des eaux territoriales. La totalité de ce type de pêche est destinée au marché local.
  • La pêche au large ou hauturière est pratiquée dans la ZEE à partir de navires palangriers et s’oriente vers la capture de thons (blancs, jaunes et obèses), de marlins, de requins makos ou d’espadons.

TOURISME : SECTEURS À FORT POTENTIEL

La Nouvelle-Calédonie dispose avec le tourisme d’une activité au potentiel élevé de créations d’emplois, d’investissement et de développement.
Le secteur du tourisme comprend, en 2013, plus de 2 200 salariés dans les différents établissements hôteliers.

Le pays possède de nombreux atouts, des paysages, une nature préservée, une richesse pluriculturelle et une capacité hôtelière importante, mais malgré cette richesse et cette diversité le secteur du tourisme calédonien ne parvient pas à décoller et le nombre de touristes stagne toujours légèrement au-dessus de 100 000.

C’est dans ce contexte de stagnation de la fréquentation touristique que de nombreuses actions ont été menées par les provinces : en 2008 les GIE des trois provinces ont ainsi signé une convention qui officialise la mise en commun de leurs ressources d’informations touristiques. La compagnie aérienne locale Aircalin a mis en place une nouvelle liaison vers Melbourne en 2015.

Développer et améliorer le parc hôtelier calédonien a été un enjeu important puisqu’il
s’agissait, en élargissant l’offre hôtelière à des établissements haut de gamme, de rendre la destination calédonienne attractive aux yeux d’une clientèle aisée qui faisait jusqu’alors défaut et de se positionner sur un marché particulièrement concurrentiel. Ainsi de nouveaux hôtels tel que Le Méridien de Nouméa ont été construits ces dernières années en province Sud, des structures déjà existantes ont été rénovées (Nouvata Park Royal). Chacune des îles Loyauté dispose maintenant d’un hôtel 3 ou 4 étoiles (Paradis d’Ouvéa, Nengone Village et Drehu village). Le dernier hôtel haut de gamme ouvert est celui du Sheraton Deva de Bourail en 2014.

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Le Sheraton Deva (Bourail)

Il s’est également développé sur l’ensemble de l’archipel un hébergement en gîte rural ou tribal. Généralement en milieu mélanésien, ces petites structures proposent un séjour chez l’habitant, avec un logement traditionnel et une restauration à caractère familial, privilégiant les contacts avec le milieu humain et naturel de la région. En 2013, on comptait ainsi 133 établissements hôteliers (du gîte rural à l’hôtel classé « 5 étoiles ») offrant plus de 3 100 chambres.

Le tourisme de croisière quant à lui ne cesse d’augmenter et atteint près de 400 000 croisiéristes en 2013. Majoritairement de nationalité australienne les croisiéristes ont dépensé plus de 1 milliard 600 millions de F. CFP en 2013 en excursions, shopping, restauration, une fois à terre. Les escales des paquebots se font essentiellement à Nouméa, à l’île des Pins et à Lifou.

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Un paquebot de croisière à quai à Nouméa

Mise à jour : 23 novembre 2015

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