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Politique d’orientation en Nouvelle-Calédonie

Note adressée aux directeurs d’établissement le 6 juillet 2016 concernant la politique d’orientation en Nouvelle-Calédonie.

I. Les objectifs à atteindre dans le projet éducatif de la Nouvelle-Calédonie

La politique d’orientation et les procédures d’affectation qui en découlent visent à l’atteinte progressive des objectifs définis dans le projet éducatif de la Nouvelle-Calédonie.

  • 100 % d’une classe d’âge à une certification de niveau V (CAP, BEP ou équivalent) au minimum.
  • 75 % d’une classe d’âge à une certification de niveau IV (baccalauréat, BP ou équivalent) à l’échéance 2020.
  • 40 % d’une classe d’âge à un diplôme de l’enseignement supérieur de niveau III (BTS, DUT et au-delà) à l’échéance 2025.

Compte tenu des résultats obtenus en 2015, le sens et l’ampleur de l’effort collectif que nous devons accomplir ensemble se définissent ainsi par exemple :

  • Le taux d’accès au baccalauréat en 2015 est de 59,9 %. D’ici 2020, le progrès à accomplir est de 15,1%, soit environ 3 points par an.

II. 5 axes d’actions pour atteindre ces objectifs.

1°) Augmenter les capacités d’accueil dans le deuxième cycle du second degré et le post Bac de lycée pour favoriser l’élévation des niveaux de qualification de tous les jeunes calédoniens.

  • Élargir l’offre d’enseignement général et technologique par l’ouverture des secondes du nouveau lycée du Mont Dore et à l’extension du lycée de Pouembout : environ 350 places.
  • Densifier et améliorer la lisibilité des filières professionnelles
    • Augmentation des capacités d’accueil en CAP (+50), BAC PRO (+100), BTS (+150) conjuguée au renforcement d’une politique de places réservées.
    • Ouverture de nouvelles filières professionnelles dans les domaines du numérique, de l’environnement, des procédés industriels et de la maintenance d’engins.
    • Une meilleure couverture du territoire par la présence d’un réseau de lycées professionnels et d’antennes adossées à ces lycées (ALP).
  • Renforcer la voie technologique
    • Poursuite de la voie STD2A et ouverture de la voie STL en 2017 en province Nord avec un développement en province sud en 2018/2019.
    • Renforcement de la voie STI2D en 2017 et 2018 par l’ouverture des 4 spécialités en province Nord et leur renforcement en province Sud.

Les élèves disposeront, ainsi en 2017 et pour la première fois, de toutes les séries technologiques menant au baccalauréat et bénéficieront d’une augmentation de plus de 750 places jamais réalisée au niveau de l’offre publique.

2°) La mise en œuvre d’une politique d’orientation ambitieuse au niveau de chaque collège public et de chaque lycée public dans le cadre des projets d’établissement 2017-2019.

L’effet établissement constitue un levier local essentiel pour atteindre les objectifs fixés en prenant en compte à la fois l’environnement culturel, social et économique, les données relatives à l’orientation des élèves et les résultats aux examens.

Le volet "Orientation" du projet d’établissement rénové constituera le premier outil de formalisation, d’observation et d’évaluation des actions menées dans ce cadre.
Plus globalement l’action des chefs d’établissements et des compétences mobilisées sous leur autorité (en particulier les professeurs principaux et les conseillers d’orientation psychologues) devrait être guidée par les principes suivants :

  • Faire de l’orientation et de l’affectation le résultat d’une décision choisie, concertée, réfléchie et acceptée par l’élève et la famille.
  • Faire en sorte qu’aucun n’élève ne se trouve sans solution à l’issue des procédures d’affectation.
  • Pérenniser et consolider la mise en œuvre d’un parcours individuel de formation et d’orientation sécurisé et cohérent permettant une corrélation entre l’affectation et l’acquisition d’une certification la plus élevée.
  • Apporter des réponses spécifiques pour des publics plus fragiles.
  • Assurer une prise en compte de la diversité des situations de handicap et la continuité des parcours scolaires de l’école au lycée, y compris le post-bac.
  • Participer à la lutte contre le décrochage scolaire et aux sorties sans qualification.
  • Participer à l’émergence d’une cohésion éducative territoriale.

Cette politique d’orientation requiert une amélioration sensible de l’information et des conseils donnés aux familles. Vous disposerez certes des brochures du CIO et des fiches « dialogue » mais vous savez que le contact collectif et parfois individuel est important afin de réduire ici certaines incompréhensions dues aux distances culturelles entre l’école et les familles, là la barrière de la langue. Un effort tout particulier est à réaliser auprès des familles les plus démunies et des élèves en difficulté. Dès le lundi 11 juillet, vous disposerez de tous les outils techniques et informatifs pour conduire votre stratégie d’orientation à laquelle les conseillers d’orientation psychologues apporteront leur contribution.

3°) Améliorer la fluidité des parcours scolaires

L’objectif d’élévation globale du niveau de qualification exige, au regard de la répartition des flux vers les enseignements général, technologique et professionnel, une inflexion forte néanmoins progressive des taux d’affectation concrétisant une fluidité de parcours.
Il s’agit là de commencer à inverser la situation observée de 47 % de taux d’affectation post 3e vers la voie générale-technologique et de 53 % vers la voie professionnelle au profit d’un nouvel équilibre plus pertinent de 55 % pour la voie générale et technologique et de 45 % pour la voie professionnelle. La répartition, au sein de cette dernière voie, devra tendre vers 10 % de CAP et 35 % de baccalauréat professionnel. Tout ceci ne doit pas relever de décisions mécaniques ou techniques mais d’une approche positive répondant aux besoins des élèves et du pays.

4°) Faire évoluer certaines modalités de recrutement dans les filières sélectives post-baccalauréat pour inciter les jeunes à poursuivre des études supérieures

L’augmentation significative des capacités d’accueil (+ 150 places) en sections de techniciens supérieurs abaissera mécaniquement le taux de pression sur le recrutement des candidats.
Une nouvelle approche qualitative, du recrutement des bacheliers est mise en œuvre :
Le vivier d’alimentation des effectifs en BTS devrait se distribuer autour de 55 % de bacheliers de la voie technologique, 35 % de bacheliers de la voie professionnelle et 10 % de la voie générale.
Dans le but d’un rééquilibrage basé notamment sur le facteur géographique, la composition des commissions de recrutement des établissements concernés sera modifiée, ainsi qu’une attention particulière sera portée aux élèves de la province Nord et de la province des Iles Loyautés.
Il convient de souligner que si la proportion de bacheliers de la voie technologique est souhaitée « majoritaire » en BTS, la part des bacheliers professionnels conduirait à une augmentation de 190 élèves environ en 2015 à 300 élèves en 2016 et sans aucun doute à une baisse significative de leurs poursuites d’études en licence.

Parallèlement, il convient de valoriser le recrutement en IUT dont celui de la Nouvelle-Calédonie selon une logique d’affectation distribuée de manière équi-répartie entre bacheliers de la voie générale et bacheliers de la voie technologique. Des orientations sont à proposer à des bacheliers professionnels, lorsque les chances de réussite sont examinées objectivement avec l’élève et la famille. Compte tenu de la coloration des deux départements de l’IUT de l’UNC, les bacheliers STMG sont nettement encouragés à déposer leur candidature.
Techniquement, une mesure « de place réservée » (baccalauréat professionnel en STS, baccalauréat technologique en DUT) sera mise en place dans Sup NC, dont la mise en œuvre sera variable selon les filières et les probabilités de réussite.

Enfin, l’augmentation des capacités d’accueil en classes préparatoires aux grandes écoles (+ 20 %) constituera une opportunité supplémentaire pour encourager vivement les bacheliers, y compris ceux de la voie technologique, à la poursuite d’études supérieures dans un contexte de haut niveau d’excellence.
Tous les élèves de Terminale, dont le niveau de performance et de motivation pourrait les conduire à obtenir une mention très bien ou bien au baccalauréat devraient être incités à « oser la classe prépa » dont il faut rappeler qu’au moins 30% de boursiers doit pouvoir y accéder dans une logique d’ouverture et de mixité sociale de ces classes.

5°) Encourager les poursuites d’études en licence (filière non sélective) en priorité pour les bacheliers de la voie générale.

Les objectifs de qualification d’une classe d’âge à un diplôme de l’enseignement supérieur de niveau III au moins, ne pourront être atteints sans une volonté affirmée de poursuite d’études et particulièrement en licences (dont celles proposées par l’Université de la Nouvelle-Calédonie). Le parcours licence doit être prioritairement proposé aux bacheliers de l’enseignement général, compte tenu des taux de réussite très faible dans ce parcours des bacheliers d’enseignement professionnel et dans une moindre mesure pour les bacheliers de la voie technologique.

En conclusion

La préparation de l’orientation 2017, compte tenu de la mise en œuvre du projet éducatif de la Nouvelle-Calédonie, des mesures d’extension de capacités d’accueil et des objectifs d’orientation ici présentés, devrait se traduire par une inflexion quantitative et qualitative notoire de l’orientation choisie et de l’affectation réussie.

Cette inflexion s’accompagne d’un renforcement

  • Du droit :
    • Droit des élèves de Terminale au redoublement dans l’établissement d’origine en cas de premier échec à l’examen.
    • Droit des familles au choix définitif des vœux pour leurs enfants après dialogue avec les équipes de l’établissement.
  • De la continuité des parcours :
    • Règle de la continuité de cursus de la 6e à la 3e rendant le redoublement rare et toujours accompagné d’un contrat pédagogique entre l’élève, la famille et l’établissement.
    • Lisibilité des parcours dans une logique Bac -3 / Bac +3.
    • Mise en œuvre de passerelles (dont la procédure sera allégée) pour des changements de voie d’orientation à l’initiative de l’élève ou de l’établissement.
  • Du rééquilibrage entre les provinces.

Elle prend appui sur un calendrier rénové qui tente de concilier un gain de scolarité du 3e trimestre et une réelle inscription notamment de tous les élèves de 3e et de terminale affectés en classe supérieure avant le départ en grandes vacances.

Il appartient à tous les chefs d’établissement d’origine de s’assurer avant le 19 décembre 2016 que tous les élèves dont ils ont encore la responsabilité sont affectés et inscrits.

En particulier, il revient cette année aux principaux des collèges des Provinces Nord et Îles d’effectuer au nom des familles les démarches d’inscription et aux proviseurs de tous les lycées d’inscrire leurs redoublants.

Je vous remercie de votre implication personnelle et de l’engagement de vos équipes.

Bien à vous.

L’inspecteur général de l’administration de
l’éducation nationale et de la recherche,
vice-recteur de la Nouvelle-Calédonie

Jean-Charles RINGARD-FLAMENT

Mise à jour : 29 juillet 2016

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