L'évolution depuis l'après-guerre (de 1945 à nos jours) - Vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie

logos du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, de la République française, et du vice-rectorat


Histoire

L’évolution depuis l’après-guerre (de 1945 à nos jours)

VERS UNE LARGE AUTONOMIE (1945-1958)

À partir de 1945 les mesures de l’Indigénat sont supprimées. Tous les habitants de Nouvelle- Calédonie deviennent citoyens français. Les Kanak accèdent progressivement au droit de vote. En 1946, la Nouvelle-Calédonie n’est plus une colonie mais devient un territoire d’outre-mer (TOM), représenté à Paris par un député, Roger Gervolino, et par un conseiller de la République, Henri Lafleur. Aux élections de 1953, un vaste rassemblement prend le nom d’Union Calédonienne (UC). Ce parti, dirigé par Maurice Lenormand, député depuis 1951, va dominer la vie politique pendant 20 ans. Sa devise est : « Deux couleurs, un seul peuple ».

En 1956, la loi-cadre Defferre donne à la Nouvelle-Calédonie une très grande autonomie grâce à la création d’une Assemblée territoriale et d’un Conseil de gouvernement de 8 ministres. Le coup de fouet dû à la guerre se prolonge avec le lancement de nombreux grands travaux comme les barrages de Yaté et de Dumbéa, l’électrification des villages et l’amélioration des routes. Pour ces chantiers, de nombreux « petits blancs » et Kanak commencent à quitter la brousse et on fait appel à des Polynésiens, Wallisiens ou Tahitiens.

La création d’une monnaie forte, le franc C.F.P., soutenue par la métropole, et le désenclavement du territoire grâce à la mise en service de lignes régulières maritimes puis aériennes, permettent le développement de l’économie.

LA RECENTRALISATION (1958-1969)

En 1963, la loi Jacquinot supprime les ministères. Le Conseil de Gouvernement, réduit à cinq membres, n’a plus qu’un rôle consultatif auprès du gouverneur. En 1969, le Gouvernement fait voter les lois Billotte qui réduisent les compétences du territoire
dans la gestion du domaine minier. Pendant cette période, le niveau de vie des Néo-Calédoniens s’accroît considérablement avec le développement des aides de l’État et le début du boom minier en 1969. Après "l’ère des transistors", celle de la télévision commence en 1965.

LE BOOM DU NICKEL (1969-1971)

Depuis 1962, les cours du nickel sont à la hausse. La production néo-calédonienne de minerai de nickel gonfle rapidement, atteignant 7,5 millions de tonnes fin 1971. À Népoui est assemblé le plus grand convoyeur à bandes du monde (13 km) et à Poro une usine de préparation du minerai. On entreprend de grands travaux pour aménager Nouméa qui reçoit l’essentiel des nouveaux immigrants.

À Nouméa, l’afflux des capitaux entraîne un afflux de populations : 5000 Européens, 3000 Tahitiens, 2000 Wallisiens. Mais la fin de la guerre du Vietnam et la chute des cours du dollar mettent un terme à l’euphorie. Beaucoup de Kanak n’ont pas
participé à la prospérité et s’interrogent sur la spéculation et la répartition des richesses minières.

L’ÉMERGENCE DE LA REVENDICATION INDÉPENDANTISTE

La récession s’accentue en 1974 et elle entraîne faillites et chômage. Une association politique, Les Foulards Rouges, créée en 1969, conteste l’autorité de la métropole. En 1975, est créé un comité pour l’indépendance qui comprend les groupes de jeunes, les élus de l’Union Multiraciale et des élus mélanésiens de l’U.C. dont le député Roch Pidjot.

En 1975, le festival Mélanésia 2000 animé par Jean-Marie Tjibaou réaffirme l’identité culturelle kanak. Au congrès de Bourail en 1977, l’U.C. prend position pour l’indépendance. Le Gouvernement français tente d’apaiser le malaise naissant en proposant un nouveau statut et un plan de développement, favorisant la promotion mélanésienne et lançant la réforme foncière. De son côté, Jacques Lafleur regroupe la grande majorité des non indépendantistes (les loyalistes) dans le Rassemblement
Pour la Calédonie dans la République (RPCR) créé en 1978. Enfin, en 1979, la majorité des partis kanak s’unissent en un Front Indépendantiste, regroupant environ 30 % des électeurs, en vue des prochaines élections.

LES ÉVÈNEMENTS (1984-1988)

Après l’échec de la conciliation tentée à Nainville-les-Roches en 1983, les positions se durcissent, aggravant les tensions. En 1984, les indépendantistes forment le Front de Libération Nationale Kanak Socialiste (FLNKS). Entre 1984 et 1988 se déroule une série de troubles graves (barrages, affrontements, destructions de biens, assassinats)
qui endeuille la Nouvelle-Calédonie, c’est la période des Évènements. Le Premier ministre Michel Rocard réunit alors à Paris les délégués du RPCR et du FLNKS qui scellent l’accord historique du 26 juin 1988, connu sous le nom des accords de
Matignon, et accepté le 6 novembre 1988 par référendum.

Mise à jour : 20 janvier 2015

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