La « belle au bois dormant" 1919-1945 - Vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie

logos du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, de la République française, et du vice-rectorat


Histoire

La « belle au bois dormant" 1919-1945

LE GOUVERNEUR GUYON (1925-1932)

Après la Première Guerre mondiale, la Nouvelle-Calédonie traverse une grave crise économique due à la diminution des ventes de nickel, à laquelle le Gouverneur Guyon, arrivé en 1925, essaie de remédier.

En 1926 a lieu la dernière tentative de colonisation agricole de la Nouvelle-Calédonie avec les Nordistes (219 personnes) qui s’installent notamment dans la région de Gouaro (Bourail) pour cultiver le coton. Faute de moyens et d’organisation, cet essai échoue.

Le pays en effet n’échappe pas à la crise mondiale. Certains Néo-Calédoniens connaissent une grande misère. Le café et le coton ne se vendent plus.

LA VIE QUOTIDIENNE DES KANAK

L’évolution s’accélère dans le monde kanak. Les cases rondes d’autrefois ont pratiquement toutes disparu. Elles ont laissé place à des cases rectangulaires,
aux toits de paille et aux murs de torchis.

L’administration a créé des districts à la tête desquels elle a placé des grands chefs. Les petits chefs dirigent les tribus. Dans certaines régions, elle a nommé des chefs à la place de ceux qui existaient déjà. Il est à noter cependant que les Kanak continuent
toujours à l’heure actuelle de faire la différence. Aux anciennes cultures, l’igname et le taro, se sont ajoutées de nouvelles : manioc, café, arbres fruitiers (manguiers, orangers, mandariniers). Les Kanak font aussi du coprah. Ils vont également travailler
à l’extérieur, comme manoeuvres, plantons, gardiens de bétail, moniteurs, infirmiers...

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La récolte du café sur la Côte Est dans les années trente

Ils ont été entièrement christianisés par les missionnaires protestants et catholiques. Le renouveau démographique témoigne que les Kanak ont ainsi intégré, non sans heurts, ces différents éléments extérieurs, tout en réussissant à maintenir l’essentiel
de leurs traditions. Cependant, ils restent régis par les cinq mesures de l’Indigénat, cantonnés dans les réserves et soumis à l’impôt de capitation. Quelques anciens combattants engagés volontaires ont reçu la citoyenneté française.

LA VIE EN BROUSSE

La vie est rude pour les colons. Les habitations sont rustiques et les marchandises, fort chères, font souvent défaut. Seuls un travail acharné et une grande ingéniosité permettent un minimum de confort.
L’électricité n’est accessible qu’aux plus riches, les fourneaux à pétrole et les fers à repasser à essence sont encore considérés comme un luxe.

Les communications sont difficiles en raison du relief de l’île et les familles sont donc isolées. Un quotidien, La France Australe, et un bi-hebdomadaire,
Le Bulletin du Commerce, constituent la seule source d’information écrite locale mais il faut compter une semaine pour qu’ils parviennent à l’extrémité de l’île. Il faut attendre l’année 1937 pour entendre les premières émissions de Radio-Nouméa.

UNE NOMBREUSE MAIN-D’OEUVRE ASIATIQUE

Le besoin de main-d’oeuvre explique l’arrivée des Asiatiques en Nouvelle-Calédonie depuis la fin du XIXe siècle. Un premier convoi de contractuels japonais arrive pour le compte de la Société Le Nickel le 18 janvier 1892. À l’issue de leur contrat, ils ont été nombreux à s’installer, comme ils en ont le droit, pour faire du commerce, de la pêche, de l’agriculture, ou du maraîchage. Par ailleurs, deux colonies répondent favorablement à la politique d’immigration sous contrat : l’Indochine française et l’Indonésie hollandaise. Les premiers Javanais arrivent le 16 février 1896.

En 1929, trois ouvriers sur quatre sont Asiatiques. Après la guerre, en 1945, le gouverneur Tallec accorde la résidence libre à tous les immigrants entrés par contrat de travail. Leurs enfants obtiennent ensuite la nationalité française et s’intègrent
à la société néo-calédonienne.

LA VIE S’ORGANISE DANS LA COLONIE

En 1937, sont appliquées les premières mesures du Front Populaire (loi des 40 heures et congés payés). L’année 1939 semble ouvrir de nouveaux horizons à la Nouvelle-Calédonie : un siège de député est sur le point de lui être accordé.

Mise à jour : 20 janvier 2015

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