La colonie prend son essor (1880 - 1914) - Vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie

logos du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, de la République française, et du vice-rectorat


Histoire

La colonie prend son essor (1880 - 1914)

NOUMÉA, CENTRE DES AFFAIRES

Le commerce représente en Nouvelle-Calédonie l’activité essentielle.

Il est monopolisé par le chef-lieu de l’archipel, Nouméa, qui devient un comptoir dès sa création. Dans le port se croisent les navires transportant les marchandises vers la métropole ou l’étranger et ceux qui desservent l’ensemble de l’archipel. Depuis sa fondation, la ville s’est profondément transformée. Elle compte 7 000 habitants à la fin du XIXe siècle soit 14 % de la population totale. Il y a 137 commerçants patentés en 1903. Le port s’est modernisé et un nouveau quai est inauguré en 1879.

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Affiche de la société du Tour de côte au début du XXe siècle

Les maisons de commerce nouméennes traitent avec des sociétés françaises ou étrangères puis redistribuent les produits en Nouvelle-Calédonie.

Parmi ces maisons, l’une d’entre elles prend bientôt une place privilégiée : les Établissements Ballande, qui ouvrent leur premier comptoir rue de l’Alma en 1883 puis assurent la distribution dans l’intérieur. Les maisons soutiennent aussi le développement en offrant des facilités de crédit aux colons.

LA NOUVELLE-CALÉDONIE, TERRE MINIÈRE

En 1863, des prospecteurs australiens trouvent de l’or à Pouébo. Le seul filon intéressant est exploité durant près de sept ans à la mine de Fern Hill. En 1872, on trouve du cuivre dans la région de Ouégoa. En 1880, commence l’exploitation du chrome dans la mine Lucky Hit, près de Plum. Plus tard, elle se développe dans le massif de la Tiébaghi. De 1896 à 1912, la Nouvelle-Calédonie est le troisième producteur mondial de chrome. À partir de 1883 se multiplient les demandes de concessions pour l’extraction de cobalt. On en exploite à Monéo, à Koumac, au Mont-Dore et à Canala.

Mais la production, sans concurrence jusqu’en 1905, s’écroule en 1910. De nombreuses autres substances sont également exploitées : le fer à Prony, le manganèse près de Voh.
La découverte, en 1873, au Mont-Dore, d’un riche échantillon de ce minerai de couleur verte, allait déclencher une véritable ruée. Avant cette date, la consommation mondiale de nickel s’élevait à peine à 400 tonnes par an. En 1874, le minerai de nickel calédonien appelé garniérite fait l’objet de nombreuses demandes de concessions. Des mines s’ouvrent en de multiples points de la colonie : Boa Kaine à Canala, Bel Air à Houaïlou, mines de Thio... Les premiers travaux se font au pic ou à la pioche dans des galeries souterraines, puis sous forme de carrières.

La première usine de traitement est installée à la pointe Chaleix par la société Higginson, Hanckar et Cie. Elle cesse de fonctionner en 1885. En 1889, Jules Garnier et John Higginson fondent la Société Le Nickel. Seule l’usine de Doniambo établie en
1910 par la Société des hauts fourneaux de Nouméa
perdure aujourd’hui.

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Inauguration de l’usine de Doniambo en 1910

L’EMPREINTE DU GOUVERNEUR FEILLET (1894-1903)

À la fin du XIXe siècle, les colons libres sont très peu nombreux. De plus, les troubles entraînés par l’insurrection de 1878 causent le départ d’une partie des paysans libres installés en brousse. Demeurent en place surtout quelques libérés auxquels l’administration avait attribué une parcelle de terre. Paul Feillet, arrivé en 1894, est surpris par la faiblesse de la population libre et prend des mesures pour peupler ce territoire par un recrutement en métropole.

L’administration française lance donc un appel aux volontaires, cultivateurs de préférence, et disposant d’un capital minimum de 5 000 francs-or destiné à faire vivre une famille en attendant les premières récoltes. Bientôt, trois cents familles répondent à l’appel. À leur arrivée, l’administration leur attribue une concession de 10 à 25 hectares sur une partie de laquelle le gouverneur Feillet conseille la culture du café... Mais les difficultés dues à l’isolement, la médiocrité des sols, parfois aussi l’inexpérience de certains colons pour le travail de la terre et surtout l’effondrement des cours du café en 1900 entraînent le relatif échec du « Plan Feillet ».

Sous le gouvernement de Feillet, et parallèlement au développement de la colonisation foncière, a également lieu la mise en place définitive du système des réserves, délimitant les terres des tribus. C’est aussi l’époque où, à partir de 1887, est généralisé le code de l’Indigénat qui fixe le statut des populations autochtones, comme dans le reste de l’empire colonial français.

Mise à jour : 20 janvier 2015

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