Le bagne à "la Nouvelle" - Vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie

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Histoire

Le bagne à "la Nouvelle"

TRANSPORTÉS, DÉPORTÉS ET RELÉGUÉS

En 1863, la Nouvelle-Calédonie est désignée comme colonie pénitentiaire pour les condamnés aux travaux forcés, que l’on appelle les forçats, les transportés, ou plus communément, les bagnards.

Ils seront plus de 20 000 hommes et 250 femmes. L’apogée de la transportation se situe en 1886, année où l’administration pénitentiaire représente près de 700 agents qui encadrent 7600 condamnés et 1900 libérés.

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Forçats (“Chapeaux de paille“) sur un chantier

La plupart des bagnards effectuent leur peine au pénitencier central de l’île Nou.

La déportation est une peine politique qui permet d’éloigner les opposants ou les rebelles au gouvernement.

Entre 1872 et 1880, 4250 déportés arrivent en Nouvelle-Calédonie, à la suite des condamnations prononcées contre les insurgés de la Commune de Paris de 1871. Ces déportés restent à l’île des Pins essentiellement jusqu’en 1880, année où une loi
d’amnistie les autorise à repartir. Moins de 40 familles décident alors de s’établir en Nouvelle- Calédonie. Après l’insurrection du cheik El Mokrani en Algérie, plusieurs centaines de Kabyles sont également déportés dans la région de Bourail en 1871.
Ils sont amnistiés en 1895 mais beaucoup d’entre eux fondent des lignées néo-calédoniennes.

En 1885, une nouvelle loi stipule que désormais, les récidivistes soient « relégués » outre-mer. Au total, il y a plus de 3300 hommes et 457 femmes relégués en Nouvelle-Calédonie. Les lieux de la relégation sont l’île des Pins, Prony et la Ouaménie.
En 1894, le gouverneur Feillet obtient l’arrêt des convois de condamnés. (“Fermeture du robinet d’eau sale”).

Les derniers centres pénitentiaires sont fermés en 1922 et en 1931, la Nouvelle-Calédonie n’est plus une terre de bagne.

LA COLONISATION PÉNALE

La loi de 1854 précise : « Les condamnés qui se seront rendus dignes d’indulgence par leur bonne conduite, leur travail et leur repentir, pourront obtenir une concession de terrain ». Les plus méritants, sont donc destinés aux concessions situées sur les
centres pénitentiaires dont les principaux sont Bourail, La Foa, le Diahot, Pouembout et Prony.

Les concessions peuvent être urbaines ou rurales ; ces dernières sont les plus nombreuses et il est donc nécessaire de constituer un important domaine pénitentiaire. Celui-ci représente 110 000 hectares des meilleures terres du pays, souvent prélevées au détriment des tribus ; c’est d’ailleurs l’une des causes de l’insurrection de 1878.

La transportation est à l’origine d’une importante infrastructure (bâtiments, routes, ponts), de l’installation à la terre du premier paysannat néo-calédonien, ainsi que de la venue de nombreux techniciens, parmi les condamnés ou les agents de la Pénitentiaire. Leurs connaissances et leur travail ont largement contribué à la mise en valeur du pays.

Mise à jour : 20 janvier 2015

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