Du peuplement austronésien à l'émergence de la civilisation kanak - Vice-rectorat de la Nouvelle-Calédonie

logos du Gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, de la République française, et du vice-rectorat


Histoire

Du peuplement austronésien à l’émergence de la civilisation kanak

LA PÉRIODE DE KONÉ : UN PEUPLEMENT LITTORAL (-1100 À 200)

Les plus anciennes traces indiscutables de la présence de l’homme en Nouvelle-Calédonie sont actuellement datées d’environ 1100 ans av. J.C., avec l’arrivée de populations austronésiennes fabriquant de la céramique. La poterie la plus originale
apportée par ces navigateurs est la poterie Lapita. Ce nom provient du site éponyme de la région de Koné.

La poterie Lapita est décorée de nombreux motifs géométriques pointillés ou incisés. À cette période, existe aussi la poterie de Podtanéan décorée de motifs allongés réalisés à l’aide d’un battoir en bois et utilisée pour la cuisine.

La majorité des sites découverts à ce jour sont situés en bord de mer. Seuls quelques vestiges d’habitations ont été retrouvés lors de fouilles. Il s’agit de restes de cases rondes, parfois entourées de palissades.
Vers 200 ans après J.-C., la poterie Lapita cesse d’être fabriquée.

LA PÉRIODE DE NAÏA-OUNDJO : UN PEUPLEMENT DE L’INTÉRIEUR (200 À 1800)

Après +200, une séparation culturelle intervient. Dans le nord, la technique ancienne de la poterie au battoir est maintenue. Ce type céramique est nommé poterie d’Oundjo surnommée aussi « la marmite canaque ». Dans le sud, les décors incisés remplacent progressivement les décors pointillés, et des anses apparaissent sur les poteries.

La période de Naïa-Oundjo se caractérise principalement par le peuplement de l’intérieur de la Grande Terre par une population permanente. Les clans s’installent sur les plaines fertiles des vallées. Ils déboisent les collines et les montagnes pour y faire des jardins horticoles, puis des tarodières irriguées sur le flanc des montagnes.

LES KANAK AVANT L’ARRIVÉE DES EUROPÉENS

La culture de l’igname et du taro occupe la majeure partie du temps : les hommes défrichent, retournent la terre, aménagent les irrigations des tarodières et récoltent les premières ignames tandis que les femmes cassent les mottes, plantent, embellissent
les champs.

Le travail fait l’objet d’une division : lors de la construction des cases, par exemple, les hommes abattent les troncs d’arbre, construisent la charpente ; les femmes vont chercher la paille pour les toitures, tressent les nattes pour l’intérieur.

Pour de multiples raisons (ruptures d’alliances, conquête de nouvelles terres, profanation de lieux tabous...) les groupes se font fréquemment la guerre.
On fait circuler la monnaie kanak pour prévenir les alliés, on invoque les ancêtres pour obtenir leur protection, on prépare les armes : sagaïes, frondes, casse-têtes...

Les combats donnent aussi lieu à la pratique rituelle de l’anthropophagie.

JPEG - 39.3 ko
Danseurs loyaltiens au début du XXe siècle

L’ORGANISATION SOCIALE ET RELIGIEUSE

Les échanges ont lieu lors des cérémonies coutumières et ont pour but de créer, de renforcer ou de perpétuer les alliances entre les différents clans, à l’occasion des mariages, des adoptions ou des naissances. Les échanges sont toujours équivalents : c’est le don et le contre-don.
Les dieux sont les ancêtres fondateurs des clans. Les esprits sont ceux des personnes décédées.

Après leur mort, leurs successeurs les invoquent pour faire tomber la pluie, faire pousser les cultures, pour obtenir leur protection durant les guerres...

Leurs crânes reposent généralement sur un rocher aménagé à cet effet et c’est là que se font les invocations.

JPEG - 18.2 ko
Reposoir de crânes dans la chaîne centrale

L’ORGANISATION POLITIQUE

Une chefferie kanak est composée de plusieurs clans, localisés dans un espace géographique donné, ayant des fonctions et des statuts spécifiques mais complémentaires pour maintenir l’équilibre social.

L’autorité du chef s’exprime par le respect et la considération qu’il inspire mais il préside les grandes cérémonies coutumières comme la fête de l’igname, les deuils, les mariages et les inhumations. Aucun signe extérieur ne différencie le chef, ou frère aîné, du reste du groupe.

Arbitrant les conflits coutumiers et fonciers, il est le garant de la tradition, des grandes valeurs morales et sociales de la société kanak.

Il existe une grande diversité linguistique qui se perpétue à l’heure actuelle à travers les 28 langues ou dialectes encore en usage.

Mise à jour : 20 janvier 2015

Imprimer la page Modifier la taille des caractères Modifier la taille des caractères