L’économie de la Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle-Calédonie a enregistré une croissance économique marquée par un rythme soutenu : en moyenne, plus de 4% par an depuis une vingtaine d’années.

Sur la même période, le PIB par habitant a augmenté de près de 2% en moyenne annuelle. Cette croissance a permis de combler partiellement l’écart de niveau de vie avec la Métropole (de 100% en 1960, soit le double, l’écart n’est plus aujourd’hui que de 15% en 2009). Le niveau de vie calédonien est actuellement supérieur à celui de la Polynésie française et des DOM.

Estimé à 3 millions par habitant en 2009, le PIB par habitant est très loin devant celui des autres petites économies insulaires du Pacifique Sud. Le territoire se situe en « richesse créée par habitant » entre la Nouvelle- Zélande et l’Australie et au niveau moyen observé dans les pays européens.

De nombreux indicateurs laissent à penser qu’a émergé, vers le milieu des années 1980, une nouvelle économie calédonienne caractérisée par un secteur tertiaire prédominant, un secteur nickel essentiel au développement industriel du territoire, un appareil productif, hors nickel, relativement intégré et diversifié compte tenu de la taille de l’économie et des contraintes géoéconomiques, qui contribue de manière stable au PIB et enfin, un secteur agricole qui ne représente plus que 2% du PIB contre environ 10% au début des années 1960.

La tertiarisation de l’économie calédonienne n’a cessé de s’amplifier depuis le début des années 1960 (54% du PIB de l’époque) pour atteindre aujourd’hui 73% (soit un taux comparable à celui de la Métropole), notamment du fait du développement des services non marchands.

La Nouvelle-Calédonie étant un acteur important sur le marché mondial du nickel, celui-ci occupe une place emblématique. S’il constitue bien la principale ressource d’exportation (95% de la valeur des exportations de biens), le poids relatif du secteur nickel a eu globalement tendance à décliner à partir du début des années 1970. À la fin du “boom du nickel” (en 1971), le secteur contribuait pour environ 30% au PIB calédonien. Cette part n’a cessé de décliner avec un “point bas” en 1998, date à partir de laquelle la remontée des cours s’est traduite par une augmentation du poids relatif du nickel (4,5% en 2009 suite à la chute des cours mondiaux après une année 2007 exceptionnelle).

LE NICKEL, ÉLÉMENT MOTEUR DE L’ÉCONOMIE

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Mine de nickel à ciel ouvert

L’activité minière est indissociable de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie. Si, dans les années qui suivent la prise de possession, les découvertes se succèdent (charbon, or, cuivre, cobalt, chrome, antimoine…), la plus importante est celle du minerai de nickel par Jules Garnier en 1864. Le nickel est le seul minerai dont l’exploitation a été continue.

La Nouvelle-Calédonie recèle de 20% à 40% des réserves mondiales de nickel connues et assure près de 7% de la production mondiale, le nickel constitue un potentiel majeur pour le développement de la Nouvelle-Calédonie. En contrepartie, l’économie est extrêmement dépendante de son exploitation qui est, elle-même, fortement tributaire des fluctuations du marché mondial. Ainsi, la production du nickel en Nouvelle-Calédonie a connu sept crises graves et quatre « booms » importants, avec un marché au plus haut en 2007 et retombé depuis.

Le minerai présent dans les massifs de péridotites occupe le tiers de la superficie totale du territoire. L’extraction est assurée par une quinzaine de sociétés d’inégale importance. Les emplois générés par l’activité nickélifère sont nombreux, tant au niveau de la mine proprement dite que de l’usine de Doniambo. Sur mine, les emplois (2630 salariés en 2010) sont répartis entre les mineurs de la SLN et les autres mineurs, auxquels s’ajoutent des rouleurs et autres contracteurs.

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L’usine métallurgique de la SLN à Nouméa

L’évacuation du minerai depuis la mine jusqu’au bord de mer se fait généralement par camion. Le minerai de nickel extrait est soit directement exporté à l’état brut, soit transporté par voie maritime jusqu’à l’usine métallurgique de Doniambo pour y être transformé en produits de fusion : mattes et ferronickels.

En 2010, la production avoisinait les 130 000 tonnes de nickel contenu par an.

Bien que variable selon le client et les négociations, le prix du minerai de nickel exporté est directement dépendant du cours du nickel au London Metal Exchange. Compte tenu de la part importante des exportations de nickel dans les exportations calédoniennes (95% du total des exportations en 2009), l’orientation à la baisse des cours du nickel pénalise les exportations et déstabilise la balance commerciale. La métallurgie couvre 1300 salariés fin 2010. Avec le secteur minier, cela représente 5% de l’emploi salarié total. Ce secteur est appelé à se développer avec la réalisation de grands projets.

Ainsi, la SLN a engagé depuis 2000 le programme “75 000 tonnes”, dont l’objectif est de porter la capacité de production de l’usine de Doniambo à 75 000 tonnes par an, un nouveau four “Demag 10” a été mis en service en 2004.

Vale Inco Nouvelle-Calédonie (usine du Sud), porté par la société INCO, rachetée en 2006 par CVRD, société à capitaux brésiliens avec la participation d’investisseurs japonais et de la SPMSC, achève la construction d’une unité d’enrichissement hydrométallurgique d’une capacité annuelle de 60 000 tonnes de nickel et de 5 000 tonnes de cobalt, à partir des latérites extraites du massif de Goro. Les travaux sont maintenant terminés et la mise en exploitation est prévue pour les mois à venir.

Enfin, le projet d’usine pyrométallurgique de Koniambo (usine du Nord), associant la SMSP et la société canadienne Falconbridge, rachetée par Xstrata en 2006, concerne le traitement des garniérites du massif de Koniambo. L’usine aura une capacité de production de 60 000 tonnes annuelles. Les travaux ont débuté en 2008. Actuellement, les activités de terrassement sont terminées, le port est mis en service et le montage des modules de l’usine est en cours.

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L’usine pyrométallurgique de Koniambo (KNS) à Vavouto

La transformation locale du minerai du nickel est plus créatrice de richesse pour l’économie calédonienne que son exportation à l’état brut : en 2010, l’exportation de 56 milliers de tonnes de nickel contenu de produits de fusion a rapporté 102 milliards de F.CFP, alors que les 59 milliers de tonnes de minerai exportées ont généré 26 milliards.

LE SECTEUR PUBLIC, ÉLÉMENT STABILISATEUR

Peu soumis aux variations conjoncturelles, le secteur public est un élément stabilisateur de l’économie de la Nouvelle-Calédonie  : on ne connaît en effet pas de baisse de la masse salariale versée par le secteur public. En 2007, les dépenses du secteur public s’élèvent à plus de 358 milliards de F.CFP dont 41% de charges salariales ; le montant des prestations sociales versées aux ménages s’élève à 107 milliards de F.CFP. L’effort consacré aux dépenses d’investissement par le secteur public a dépassé les 30 milliards de F.CFP, soit 9% des dépenses totales contre moins de 1% pour les intérêts versés. Cela représente un taux d’investissement du secteur public de 4%. En 2007, la contribution du secteur public au Produit Intérieur Brut (PIB) représente 18% contre 16% en Métropole.

En termes d’emploi salarié (à temps plein ou à temps partiel), avec 23 900 personnes (fonctionnaires et non titulaires), le secteur public représente 28% en 2010 des salariés de Nouvelle-Calédonie. Le sous-secteur de l’administration de l’État compte à lui seul près du tiers des effectifs (32%), suivi de celui des établissements publics (26%), des provinces (20%), des communes (13%) et enfin de la Nouvelle- Calédonie (9%).Le taux de prélèvements obligatoires est de 29% en 2007, contre 43% pour la Métropole.

PRÉDOMINANCE DU SECTEUR TERTIAIRE

Face à la faiblesse du tissu industriel, une grande partie des besoins de la Nouvelle-Calédonie ne peut être assurée que par un recours conséquent aux importations finales (voitures, électroménager…) ou intermédiaires (matières premières destinées à la transformation locale), ce qui explique la part prépondérante que tient le secteur du commerce dans l’économie calédonienne. Ce secteur a également un rôle essentiel pour l’aménagement du territoire compte tenu de la dispersion de la population dans l’intérieur de la Grande-Terre et dans les îles.

Le commerce (12% du PIB en 2009) représente le premier secteur économique calédonien avec 9700 salariés et près de 4 000 entreprises commerciales recensées fin 2010 par le RIDET (Répertoire d’identification des Entreprises et des Etablissements). Les deux hypermarchés de Nouvelle-Calédonie se trouvent dans le Grand Nouméa, 24 supermarchés sur 31 sont situés en province Sud, les supérettes et les commerces d’alimentation générale sont plus équitablement répartis entre les 3 provinces. Les services marchands (non compris le commerce) se composent des transports et communications, des banques et assurances, des services rendus principalement aux entreprises, et des services rendus principalement aux ménages. Leur essor récent s’est ainsi traduit par le développement des organismes financiers, des assurances, des agences comptables ou de l’hôtellerie, accompagné de la création de nombreux emplois féminins. Cette féminisation de l’activité a elle-même eu pour effet de créer un important besoin en services, entraînant un recours accru aux garderies d’enfants, à la restauration hors du ménage ou aux repas livrés à domicile, ou encore à l’aide ménagère (femmes de ménage…). Les transports et télécommunications se démarquent par leur croissance rapide, signe d’une société qui s’ouvre vers l’extérieur. L’installation de Canal+ en 1994, le succès du téléphone mobile, d’internet et l’arrivée en 1999 d’un bouquet de chaînes généralistes et thématiques distribuées par satellite, en sont la démonstration.

PETITES INDUSTRIES ET CONSTRUCTION, DEUX GRANDS POURVOYEURS D’EMPLOI

Les PMI néo-calédoniennes demeurent encore absentes de nombreux secteurs et notamment de la plupart des industries de biens d’équipement en raison de l’étroitesse du marché local. En 2010, 2 600 entreprises sont inscrites au RIDET au titre des industries manufacturières. Les PMI exercent une activité de transformation pour la satisfaction du marché local, et très marginalement pour l’exportation. Afin de limiter l’entrée des produits concurrents, il existe en Nouvelle-Calédonie des protections réglementaires. La production industrielle locale bénéficie de protections tarifaires (droits et taxes à l’importation) et de contingentement à l’importation. Le secteur de la construction, avec 11,5% du PIB en 2009 et 12,6 % de l’emploi salarié en 2010, a un poids important dans l’économie calédonienne. Il s’est développé à partir du milieu des années 60, avec le boom du nickel qui a entraîné une demande accrue en logements. Vers le début des années 90, l’activité de la construction a bénéficié de la progression des investissements liée aux accords de Matignon. La mise en place des provinces et la large décentralisation des pouvoirs et des compétences qui en a découlé, ont fait de ces trois collectivités les moteurs des réformes de rééquilibrage du territoire. De nombreux chantiers publics se sont ainsi développés (équipements provinciaux, réseaux routiers, écoles, infrastructures médicales…), accompagnés d’initiatives privées (constructions d’habitations individuelles ou collectives), principalement concentrées dans le Grand Nouméa. Par ailleurs, les contrats de développement entre l’État, les provinces et les communes, se sont attachés au développement de l’habitat social.

À partir de 1996, la conjoncture du secteur, devenue plus maussade, a été redynamisée. Des mesures de défiscalisation ont eu un impact, avec la construction d’immeubles d’habitation, d’hôtels et de résidences hôtelières L’activité du secteur reste dynamique malgré quelques signes de ralentissement liés à la fin du chantier de l’usine du Sud. Le développement de la zone VKP (Voh-Koné- Pouembout) et les grands chantiers ont contribué à tirer l’activité du secteur en 2010. En moyenne pour 2010, les entreprises de la construction ont employé 8 700 employés.

AGRICULTURE, PÊCHE, AQUACULTURE : LE MAINTIEN DE L’EXODE RURAL

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Champ vivrier d’igname

Le secteur de l’agriculture qui englobe les productions agricoles ainsi que la pêche, l’aquaculture et l’élevage représente moins de 2% du PIB. Néanmoins, la pêche et l’agriculture (vivrière ou marchande) occupent une place centrale dans la société calédonienne. Ces activités permettent en effet de contenir l’exode rural en fixant les populations sur leurs terres d’origine. Le dernier recensement de l’agriculture effectué en 2002 dénombrait 5 574 exploitations agricoles pour une «  Superficie Agricole Utilisée » (SAU) de 247 878 ha, soit 13% de la superficie de la Nouvelle-Calédonie. Le développement et la diversification de l’ensemble de ces activités, encouragées par les collectivités, permettent de conquérir le marché intérieur en substitution aux importations mais également d’envisager des exportations prometteuses pour les crevettes, le thon, les letchis, les cerfs, et les squashs. En 2010, la production agricole commercialisée s’élève à 9 milliards de F.CFP. En termes de couverture de la consommation locale, la production calédonienne couvre, en 2010, 42% des besoins locaux, le reste étant assuré par les importations.

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Elevage sur la Côte ouest

En Nouvelle-Calédonie, le secteur de l’aquaculture en 2010 repose principalement sur la “filière crevette”, même s’il s’est diversifié à partir de 1999 avec deux nouvelles productions : l’ostréiculture et l’élevage d’écrevisses.

L’aquaculture de la crevette a démarré au début des années 80, après des recherches menées par l’IFREMER pour déterminer les variétés de crevettes adaptées et les techniques de reproduction et d’élevage. C’est la Penaeus Stylirostris qui fut choisie. L’activité, qui a peu à peu pris de l’ampleur, figure aujourd’hui au second rang des exportations calédoniennes. En 2010, 18 fermes d’une surface totale de 683 ha ont produit 1 160 tonnes de crevettes dont la vente à l’exportation a rapporté 750 millions de F.CFP.

Trois types de pêche professionnelle sont pratiqués en Nouvelle-Calédonie : la pêche lagonaire, la pêche côtière et la pêche hauturière, les marins sont formés à l’école des métiers de la mer.

  • La pêche lagonaire  : opérée à l’intérieur du lagon, dont les produits (holothuries et coquilles de trocas) sont destinés à la fois au marché local et à l’exportation vers les pays asiatiques.
  • La pêche côtière : pratiquée à l’extérieur du lagon pour la capture des poissons profonds et des poissons pélagiques des eaux territoriales. La totalité de ce type de pêche est destinée au marché local.
  • La pêche au large ou hauturière est pratiquée dans la ZEE à partir de navires palangriers et s’oriente vers la capture de thons (blancs, jaunes et obèses), de marlins, de requins makos ou d’espadons. Enfin, la pêche de plaisance et auto-vivrière, difficile à quantifier, est estimée à 3 500 tonnes par an et se pratique surtout à l’intérieur du lagon.

TOURISME : SECTEURS À FORT POTENTIEL

FORT POTENTIEL La Nouvelle-Calédonie dispose avec le tourisme d’une activité au potentiel élevé de créations d’emplois, d’investissement, et de développement. Le secteur du tourisme c’est un chiffre d’affaires de 53,7 milliards de FCFP en 2006 (3,8% du PIB), et en 2009, près de 5 000 personnes en moyenne (6% de l’emploi salarié total).

Le pays possède de nombreux atouts, des paysages, une nature préservée, une richesse pluriculturelle et une capacité hôtelière importante, mais malgré cette richesse et cette diversité le secteur du tourisme calédonien ne parvient pas à décoller et le nombre de touristes stagne toujours autour de la barre des 100 000.

C’est dans ce contexte de stagnation voire de repli de la fréquentation touristique que de nombreuses actions ont été menées par les Provinces  : la 2ème édition des assises du tourisme Champ vivrier d’igname organisées fin 2005 a présenté un plan concerté axé autour du développement de la promotion, de la desserte aérienne et des infrastructures hôtelières, avec pour ambition d’accueillir 180 000 touristes à l’horizon 2015. En 2008 les GIE des trois provinces ont ainsi signé une convention qui officialise la mise en commun de leurs ressources d’informations touristiques. La même année la compagnie locale Aircalin a mis en place une nouvelle liaison vers Séoul, en Corée du Sud et depuis avril 2009, Air Austral dessert deux fois par semaine la capitale parisienne via Saint-Denis de la Réunion et Sydney.

On relèvera les aides financières directes des provinces (code de développement spécifique ou Société d’Economie mixte), de l’État (contrats de développement) et du Fonds d’Equipement de la Nouvelle-Calédonie.

Lois de défiscalisation, régimes privilégiés à l’importation, aides à l’emploi, sont également autant de soutiens de la part du secteur public.

Développer et améliorer le parc hôtelier calédonien, l’enjeu était important puisqu’il s’agissait, en élargissant l’offre hôtelière à des établissements haut de gamme, de rendre la destination calédonienne attractive aux yeux d’une clientèle aisée qui faisait jusqu’alors défaut et de se positionner sur un marché particulièrement concurrentiel. Ainsi de nouveaux hôtels tels que le Méridien de Nouméa (5 étoiles) ont été construits ces dernières années en province Sud, des structures déjà existantes ont été rénovées (Surf Novotel, Nouvata Park Royal). Chacune des îles Loyauté est maintenant équipée d’un hôtel 3 ou 4 étoiles (Paradis d’Ouvéa, Nengone Village et Drehu village). Il s’est également développé sur l’ensemble du territoire un hébergement en gîte rural ou tribal. Généralement en milieu mélanésien, ces petites structures proposent un séjour chez l’habitant, avec un logement traditionnel et une restauration à caractère familial, privilégiant les contacts avec le milieu humain et naturel de la région.

En 2010, on comptait ainsi 52 établissements touristiques (du gîte mélanésien à l’hôtel classé “5 étoiles”), ils offrent aujourd’hui un parc de près de 2 200 unités d’hébergements, dont 78% sont localisées en province Sud, 22% en province Nord et 6% en province des Iles Loyauté.

De nouveaux projets hôteliers de grande envergure devraient encore voir le jour en Nouvelle- Calédonie.

Cet article a été rédigé à partir des éléments fournis par l’observatoire Économique de L’ISEE (Institut de la statistique et des études économiques) oe@isee.nc.
Les informations présentées ici sont disponibles dans leur intégralité sur www.isee.nc.

Mise à jour :
13 février 2012