L’Atelier « LAND ART » au collège de Plum

Qui ne s’est émerveillé de la beauté et de la diversité des paysages et de la flore de Nouvelle- Calédonie spécialement en arrivant de métropole. Cette découverte est particulièrement éclatante dans l’environnement du collège de Plum , joyau rouge dans un écrin de verdure.

UN ATELIER DE LAND ART

L’idée d’entrer en contact avec cette nature et de « la donner à voir » s’imposa en arts plastiques comme une évidence, et c’est tout naturellement, que fut proposé aux élèves du collège la participation à un atelier de Land Art. Activité artistique contemporaine majeure, le « Land Art » reste assez méconnu, tant la notion d’ arts plastiques fait infailliblement référence aux activités traditionnelles de dessin, peinture, sculpture et plus proche de nous à la photographie, la vidéographie , l’infographie.

Plage des Béatitudes octobre 2010 : installation de pétioles de feuilles de cocotier et destruction par la marée montante Plage de Carcassonne août 2010 : composition avec feuilles diverses sur racines de vieille souche.

Ce mouvement artistique est né ou plutôt a retrouvé sa légitimité dans les années 1970, tant il est vrai que le lien étroit entre art et nature le fut incontestablement dans les premières manifestations artistiques de l’Homme. Le retour à la nature, la prise de conscience de sa fragilité, l’écologie dans son sens large, ont contribué et contribuent à le développer et à l’amplifier. Des artistes de tous les continents ont rejoint ce mouvement et sillonné le monde entier à la découverte de lieux de création sans cesse renouvelés.

Plage de Carcassonne mai 2010 : boutons de fleurs d’hibiscus fixés sur racines avec épines de bougainvillIers et fruits de faux manguier. Plage de Carcassonne avril 2010 : fleurs de bougainvillIers et d’allamanda, boutons d’hibiscus feuilles et fruits de faux manguier

LES LIEUX DE CRÉATION PRÈS DU COLLÈGE

A notre modeste niveau, le groupe de volontaires était constitué d’une quinzaine d’élèves de 5e, 4e et 3e, y compris les classes d’insertion, bien représentées, pour une activité le mercredi après-midi. Les sites d’intervention dans l’environnement du collège étaient nombreux et diversifiés. La Nature fut d’une grande courtoisie à notre égard, qui ne ménagea pas son ensoleillement pour nous permettre d’aboutir nos créations. Le lieu d’activité privilégié fut la plage de Carcassonne mais aussi le Lucky Creek proche du collège, le col de Plum, la plage des Béatitudes, la rivière des Pirogues, le pont des Japonais. Le groupe fut particulièrement actif, et je dois avouer que je fus heureusement surpris de la quantité, de la diversité et de la qualité des productions réalisées, ainsi que de l’enthousiasme des participants.

Plage de Carcassonne août 2010 : écorces de Niaouli fixées sur racines de pandanus Plage des Béatitudes octobre 2010 : dégradé de feuilles de cocotier enroulées sur racines de vieille souche

DES RÉALISATIONS SANS CESSE RENOUVELÉES

Il s’agissait donc d’investir les sites naturels sans autres moyens que son regard, sa conscience, son ressenti et ses mains : bref observer ce que la nature nous offre, s’en approprier quelque peu, pour, non pas reproduire mais produire, ne pas voir mais donner à voir, profiter des merveilles qui nous entourent et que nous regardons parfois si peu.

Plage de Carcassonne août 2010 : feuilles pourpres enroulées sur des tiges de roseaux, coincées entre 2 troncs de Niaouli

Il ne s’agissait pas de représenter mais d’exprimer, déceler ce qui végétait pour le révéler. Les constituants de la Nature ainsi assemblés différemment et la multiplication des associations, au rythme de la lumière, de l’environnement, des éléments constitutifs du site, de la personnalité de chaque élève, de ses idées propres, de son ressenti, de son interprétation personnelle, firent oeuvre et continuellement nouvelle oeuvre : le retour parfois plusieurs semaines de suite sur le même site (faute de moyen pour se déplacer) donnait toujours lieu à des réalisations sans cesse renouvelées, invariablement différentes des précédentes.

Col de Plum juillet 2010 : le Creek d’argent : crevasse retravaillée en sinuosités et remplie de feuilles de fougères sèches Col de Plum juin 2010 : installation de pierres dans une cavité creusée dans la terre rouge

La fin de l’activité était marquée par cet instant de satisfaction du travail achevé, par ce moment contemplatif où l’on commentait les réalisations du jour, où l’on fixait définitivement le travail par sa trace photographique, avant que la nature ne se réapproprie l’oeuvre au gré des éléments qui l’animent, de la marée, des courants, du vent, et du temps… Moment privilégié extraordinairement créatif loin de tout artifice technique ou technologique. Moment du Contact Premier avec la Nature, retrouvé.

Alain BOURGOIS, professeur d’arts plastiques au collège de Plum

Pont des Japonais août 2010 : installation de roseaux noués sur plate-forme de terre rouge

Mise à jour :
27 février 2012