SUJETS D'EXAMENS : COLLEGE
DIPLOME NATIONAL DU BREVET -

NOUVELLE-CALEDONIE : SESSIONS 2001, 2002 et 2003


1) D.N.B. - SERIE COLLEGE - SESSION NORMALE 2001 (fichier word 1)

2) D.N.B. - SERIES PROFESSIONNELLE ET TECHNOLOGIQUE SESSION NORMALE 2001 (fichier word 2)

3) D.N.B. - SERIE COLLEGE - SESSION DE REMPLACEMENT 2001 (MARS 2002 ) (fichier word 3)

3) D.N.B. - SERIE COLLEGE - SESSION NORMALE 2002 (fichier word 4)

5) D.N.B. - SERIE PROFESSIONNELLE - SESSION NORMALE 2002 (fichier word 5)

6) D.N.B. - SERIE COLLEGE - SESSION DE REMPLACEMENT 2002 (MARS 2003) (fichier word 6)

7) D.N.B. - SERIE COLLEGE - SESSION NORMALE 2003 (fichier word 7)

8) D.N.B. - SERIES PROFESSIONNELLE ET TECHNOLOGIQUE SESSION NORMALE 2003 (fichier word 8)


VICE-RECTORAT DE NOUVELLE-CALEDONIE

DIVISION DES EXAMENS ET CONCOURS Page 1/2

Centres de Nouvelle-Calédonie

 

DIPLOME NATIONAL DU BREVET - SERIE COLLEGE

SESSION NORMALE 2001

 

FRANÇAIS

 

PREMIERE PARTIE (1) : Texte littéraire suivi de questions + réécriture + dictée : 25 points

Durée : 1H30

 

Texte suivi de questions

 

Le col des Bois-de-Fer était une percée barbare, un entablement_ étroit ménagé par la nature, un repos avant la descente. Pour y atteindre, il fallait suivre pendant quelque temps une piste épousant les parois d'une montagne presque à pic à cet endroit, tellement que les arbres verticaux paraissaient croître parallèlement au sol. La piste s'accrochait si miraculeusement aux pentes de cette montagne que le voyageur avait au-dessus de sa tête toute la masse d'un mur gigantesque prêt à l'écraser, semblait-il, alors qu'à ses pieds s'ouvrait l'abîme.

Une glissade, un faux pas, c'était la chute sans fin, l'écrasement contre les rocs, la réunion en une même bouillie du cheval, du cavalier et du harnais.

Quand il entendit le sabot de son alezan claquer sur une racine sournoise, Louis balança quelques secondes : descendrait-il de sa selle pour guider son cheval par la bride ? Il avait l'habitude de ces nuits noires où l'on ne peut même pas, pour se guider, repérer la silhouette des arbres découpés sur le ciel. Comme tous les broussards, il savait tâter le sol de ses pieds nus et suivre la bonne direction sans s'égarer dans une passée de boeufs ou de cochons sauvages.

Son hésitation fut de courte durée car, s'il était certain par ce moyen de se tirer lui-même du mauvais pas, il savait que le cheval se fierait entièrement à lui et le suivrait aveuglément.

Ils étaient tous deux comme sur une corde raide. Mais une corde raide bizarrement agrémentée_ de coudes brusques et de zigzags. En tirant sur la bride de l'animal, Louis, qui n'aurait pu le prévenir, aurait risqué de le faire choir chaque minute dans le ravin. Il préféra demeurer en selle, se fier à l'instinct et au pied sûr de son ami.

Ce fut alors une étrange chevauchée. Le cavalier rendit les rênes et s'astreignit à ne modifier en rien les décisions de l'animal, pas même par une pression des cuisses, tout en se tenant cependant prêt à le redresser s'il venait à buter. C'était le seul geste utile que l'homme pouvait tenter. Pour le reste, il devait s'abandonner et se laisser emporter dans un sinistre jeu de colin-maillard_ : l'obscurité le rendait aussi parfaitement aveugle que s'il avait eu un épais bandeau sur les yeux. Il ne lui était même pas possible de voir luire vaguement le talus mouillé qu'il frôlait parfois.

 

Jean MARIOTTI. Nuit calédonienne, dans Le Dernier Voyage du Thétis,

Les Editions Grain de Sable, 2000

 

1 entablement : endroit plat au sortir d'un chemin abrupt.

2 corde raide bizarrement agrémentée de coudes : ils étaient sur une piste étroite mais sinueuse et à flanc de montagne

3 colin-maillard : jeu dans lequel l'un des joueurs, qui a les yeux bandés, doit poursuivre les autres à tatons et identifier celui qu'il a attrapé.

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QUESTIONS (15 points)

 

Vous ferez des réponses complètes et rédigées aux questions

 

I &endash; Une nature hostile (8,5 pts)

1) Une situation délicate (lignes 1 à 8)

Relevez dans le passage quatre mots ou groupes de mots qui appartiennent au champ lexical du danger. (2 pts)

 

2) Un col très difficile (lignes 1 à 6)

a) Le narrateur utilise plusieurs expressions qui montrent que les éléments de la montagne sont personnifiés. Citez-en deux. (2 pts)

b) «[…] que le voyageur avait au-dessus de sa tête toute la masse d'un mur gigantesque prêt à l'écraser» (l. 5). Quel lien logique unit cette proposition à la précédente ? (2 pts)

 

3) L'art du récit

«Une glissade, un faux pas, c'était la chute sans fin, l'écrasement contre les rocs, la réunion en une même bouillie du cheval, du cavalier et du harnais ». (lignes 7 et 8)

a) Réécrivez la phrase en la commençant par « si » (1 pt)

b) Quel effet le rythme de la phrase de Mariotti produit-il ? (0,5 pt)

 

4) Un élément aggravant

Ligne 23. Expliquez «[...] il devait s'abandonner et se laisser emporter dans un sinistre jeu de colin-maillard. » (1 pt)

 

II - Un cavalier confirmé (6,5 pts)

 

1) La caractérisation du personnage

a) Qui est le héros de ce texte ? (0,5 pt)

b) Quels éléments permettent de penser qu'il est originaire de Nouvelle-Calédonie ? Citez-en deux. (1 pt)

c) Ligne 9. Qu'est-ce que «son alezan» ? Quels autres mots de la phrase permettent de déduire le sens de cette expression ? (1 pt)

d) Sans son cheval, l'homme pourrait-il se perdre ? Justifiez votre réponse en vous aidant du texte. (1pt)

 

2) Un choix difficile

a) Ligne 9. «balança» : Donnez un synonyme en respectant le sens de la phrase. (1 pt)

b) Quelle décision importante le héros doit-il prendre ? Citez l'argument qui oriente son choix. (2 pts)

 

 

REECRITURE (5 points)

 

 

Réécrivez le passage suivant au présent de l'indicatif.

«Le cavalier rendit les rênes et s'astreignit à ne modifier en rien les décisions de l'animal, pas même par une pression des cuisses, tout en se tenant cependant prêt à le redresser s'il venait à buter. C'était le seul geste utile que l'homme pouvait tenter.»

 

 

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Centres de Nouvelle-Calédonie

 

DIPLOME NATIONAL DU BREVET - SERIE COLLEGE

SESSION NORMALE 2001

 

FRANÇAIS

 

PREMIERE PARTIE (2) : DICTEE : 5 points

Durée : 15 minutes

 

Daguez se sentant plein de vigueur sauta à terre, alla ouvrir la porte et fit passer la voiture. Pendant que le cheval repartait de son trot allègre, l'homme se remit à brailler et à gesticuler.

Peu à peu la nuit venait, la terre déjà s'assombrissait. Bercés par le mouvement régulier et cadencé du cheval, les deux époux ne tardèrent pas à somnoler.

Trois kilomètres plus loin, le cheval s'arrêta encore. Il y avait une nouvelle porte. La nuit était tout à fait venue, et Daguez brusquement réveillé ne savait pas où il se trouvait. Il fouetta le cheval pour le faire avancer. L'animal qui, lui, voyait et sentait la porte recula doucement. Daguez se mit à jurer et sacrer et donna un nouveau coup de fouet au cheval qui recula encore.

 

Jean Mariotti. Remords

Les Editions Grain de Sable, 1997

 

- Les noms propres sont à écrire au tableau ainsi que le paratexte.

 

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Centres de Nouvelle-Calédonie

 

 

DIPLOME NATIONAL DU BREVET - SERIE COLLEGE

SESSION NORMALE 2001

 

FRANÇAIS

 

Le dictionnaire de langue sur papier est autorisé pendant la deuxième partie.

Aucun candidat n'écrira son nom sur sa copie.

 

 

SECONDE PARTIE : REDACTION : 15 points

Durée : 1H30

 

 

Sujet

 

Arrivé au village, Louis écrit une lettre à son employeur. Il lui raconte dans quelles circonstances il a réussi à traverser ce col et lui demande la permission de ne plus passer par ce raccourci.

 

- Votre texte sera présenté sous la forme d'une lettre avec toutes ses caractéristiques.

- Vous emploierez les discours narratif et descriptif sans oublier que Louis cherche à

convaincre son employeur.

- Il sera tenu compte, dans l'évaluation, de la correction de la langue et de l'orthographe.



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Centres de Nouvelle-Calédonie

 

 

DIPLOME NATIONAL DU BREVET

SERIES PROFESSIONNELLE ET TECHNOLOGIQUE

SESSION NORMALE 2001

 

FRANÇAIS

 

PREMIERE PARTIE (1) : Texte littéraire suivi de questions + réécriture + dictée : 25 points

Durée : 1H30

 

 

L'héroïne de cette histoire s'appelle JACYNTHA, c'est une jeune femme d'une vingtaine d'années.

 

Elle avait ensuite longé la rue Jean Jaurès pour atteindre la Grande Poste à l'angle de la rue Galliéni. Aveuglée par l'intense luminosité de la rue, elle avait mis quelque temps à s'habituer à la pénombre de l'immense salle. Il était presque onze heures, déjà des guichetiers avaient posé sur le comptoir leur palet de bois. Un vieux Mélanésien essayait d'expliquer à une employée excédée qui n'y comprenait rien qu'il voulait envoyer de l'argent à son fils parti pour le service militaire.

- Reviens avec quelqu'un qui parle mieux le français », hurla la femme d'une voix stridente.

Le vieux se racla la gorge :

- Essayez de faire quand même…

- Essayer quoi ?

Puis à la cantonade pour se concilier l'appui de ses collègues :

- Il en a de bonnes… Il attend deux heures dans son coin puis se décide au moment de la fermeture, c'est trop…

Jacyntha s'était approchée. Elle s'adressa au vieux :

- Tu as besoin d'aide grand-père ?

Le vieux saisit l'opportunité et lui tendit un morceau de papier &endash; où étaient inscrits le nom et l'adresse de son fils &endash; et deux beaux billets soigneusement repassés.

Il posa sa main noueuse sur l'épaule frêle de Jacyntha qui lui sourit. Posément elle expliqua à l'employée qu'il fallait envoyer cet argent en France et qu'elle remplirait les formulaires.

- Nous allons fermer », répondit l'autre, acerbe.

Jacyntha se tourna ostensiblement vers la grosse horloge qui marquait onze heures moins dix.

- Je crois que j'ai le temps de remplir les papiers, sussura-t-elle naïvement.

Devant son obstination, la femme céda non sans marmonner entre ses dents. Jacyntha s'exécuta en s'appliquant, fit signer le vieux, puis tendit le papier et l'argent qu'on lui arracha des mains. Le vieux eut un sursaut, il ne fallait pas qu'on lui froisse ses beaux billets. Ils devaient arriver chez son fils aussi magnifiques qu'ils étaient partis afin qu'il sente, de l'autre côté du monde, que l'on pensait à lui avec respect.

Une sonnerie grelotta. La Poste fermait.

Ils se dirigèrent tous les deux vers la sortie. La jeune fille plia le reçu et le lui tendit.

- C'est pour témoigner que l'argent est bien parti là-bas. Il faut le garder.

Elle n'eut pas le cœur de lui expliquer que les beaux billets seraient transformés en argent français.

Le vieux en manou s'assit sur une des marches, rangea le reçu dans un sac tressé qu'il portait en bandoulière puis détacha de son poignet un lien de fibres orné de minuscules coquillages qu'une petite porcelaine jaune tenait fermé.

- C'est pour toi.

Jacyntha rosit de plaisir. Elle adorait les cadeaux.

- Merci, dit-elle avec simplicité.

- Ça te portera bonheur, ajouta le vieux en se levant.

 

 

Claudine JACQUES

C'est pas la faute de la lune

Myriapode Editions du Cagou.

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QUESTIONS (15 points)

 

Vous ferez des réponses complètes et rédigées aux questions

 

 

I &endash; Un récit (8 points)

 

1) Dans quel lieu se passe cette histoire ? (0,5 pt)

 

2) Nommer les trois personnages (1,5 pt)

 

3) Pour chacun des trois personnages, relevez deux expressions du texte caractérisant leur comportement ou leur personnalité (3 pts)

 

4) De la ligne 1 à la ligne 6, les verbes sont principalement conjugués à l'imparfait, pourquoi ?

(1,5 pt)

 

5) De la ligne 16 à la ligne 19, les verbes sont principalement conjugués au passé simple, pourquoi ?

(1,5 pt)

 

 

II &endash; Un dialogue difficile entre deux mondes (7 points)

 

6) Que signifie l'expression "à la cantonade" (l.11) ? (0,5 pt)

 

7) Pour chacune des phrases de dialogue ci-dessous, dites quel est le personnage qui s'exprime et à qui il s'adresse : (3 pts)

 

ligne 7 : « Reviens … français »

ligne 22 : « Je crois que j'ai le temps »

ligne 37 : « Ça te portera bonheur »

 

8) Le monde traditionnel et le monde moderne s'opposent dans ce texte. Présentez-les en relevant des expressions extraites de ce passage (vous étudierez les éléments du décor, les objets, les costumes).

(2,5 pts)

 

9) Quel est alors le rôle de Jacyntha entre ces deux mondes ? (1 pt)

 

 

 

REECRITURE (5 points)

 

 

Réécrivez le passage suivant : l.18 à 19.

« Posément elle expliqua à l'employée qu'il fallait envoyer cet argent en France et qu'elle remplirait les formulaires. »

Présentez cet extrait sous la forme d'un dialogue entre les deux personnages.

Vous devez respecter les règles de ponctuation et votre dialogue doit comporter au moins quatre phrases distinctes. ( Chaque personnage doit s'exprimer au moins deux fois).

 

 

 

 

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Centres de Nouvelle-Calédonie

 

 

 

DIPLOME NATIONAL DU BREVET

SERIES PROFESSIONNELLE ET TECHNOLOGIQUE

SESSION NORMALE 2001

 

FRANÇAIS

 

 

 

PREMIERE PARTIE (2) : DICTEE : 5 points

Durée : 15 mns

 

 

 

 

Antonio entendit le bruit de la forêt.

Ils avaient dépassé le quartier du silence

et d'ici on entendait la nuit vivante de la forêt.

Ça venait et ça touchait l'oreille

comme un doigt froid.

C'était un long souffle sourd,

un bruit de gorge, un bruit profond,

un long chant monotone

dans une bouche ouverte.

Ça tenait la largeur

de toutes les collines

couvertes d'arbres.

 

 

Jean GIONO. Le Chant du monde

 

 

 

 

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Centres de Nouvelle-Calédonie

 

 

 

DIPLOME NATIONAL DU BREVET

SERIES PROFESSIONNELLE ET TECHNOLOGIQUE

SESSION NORMALE 2001

 

FRANÇAIS

 

 

 

Le dictionnaire de langue est autorisé pendant la deuxième partie.

Aucun candidat n'écrira son nom sur sa copie.

 

Le candidat choisira un des deux sujets proposés

 

 

SECONDE PARTIE : REDACTION : 15 points

Durée : 1H30

 

 

(Sujets prenant appui sur le texte initial de Claudine JACQUES)

 

Sujet n° 1 :

 

Comme à Jacyntha, à vous aussi, il vous est arrivé de venir en aide à une personne en difficulté. Vous écrivez à un (e) ami (e) pour lui raconter cet événement.

 

- Votre texte aura la forme d'une véritable lettre.

- Il sera écrit à la première personne.

- Le lieu, les personnes en présence, les circonstances seront bien précisés.

- Votre texte comprendra une vingtaine de lignes.

- Il sera tenu compte, dans l'évaluation, de la correction de la langue.

- Vous ne signerez pas votre lettre

 

Sujet n° 2 :

 

Imaginez que vous êtes le directeur de la Poste : vous avez observé, tout en restant caché, toute la scène entre le vieux Mélanésien et l'employée. Vous rédigez une circulaire, que vous allez afficher dans la salle réservée au personnel de la Poste. Dans cette circulaire, vous rappelez de manière argumentée aux employés qu'ils sont au service de leurs clients et qu'ils doivent respecter les règles de la politesse.

 

- Vous ordonnerez vos arguments et vous les accompagnerez d'exemples.

- Vous pouvez utiliser des titres et des sous-titres.

- Vous penserez à évoquer des attitudes telles que le respect, la compréhension, l'écoute de l'autre.

- Vous ferez une petite conclusion pour manifester votre autorité en tant que directeur.

- Votre texte devra comporter une vingtaine de lignes.

- Il sera tenu compte, dans l'évaluation, de la correction de la langue.



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Centres de Nouvelle-Calédonie

 

 

DIPLOME NATIONAL DU BREVET - SERIE COLLEGE

SESSION DE REMPLACEMENT 2001 (MARS 2002)

 

FRANÇAIS

 

 

PREMIERE PARTIE (1) : Texte littéraire suivi de questions + réécriture + dictée : 25 points

Durée : 1H30

 

 

Le devin

 

 

Sainjean marche lentement dans le froid ouateux de la brumaille matinale et, semblablement, ses pensées cheminent au travers d'un épais brouillard intérieur. Il retrouve peu à peu, dans sa mémoire rouillée, les détails de ce jour de jadis où il a accompli ce même voyage pour essayer de sauver son défunt père. Aussi se laisse-t-il prendre par de désespérants souvenirs. Ceux-là même qu'il ferait mieux d'enterrer sous les notes gaies d'une chanson de jour de noces.

Le devin habite-t-il toujours cette fermette près de l'étang ? Est-il défunt à son tour ? A-t-on vu magiciens réussir sur eux les miracles de longue vie qu'ils offrent au commun !…

S'il ne voyait soudain l'amorce du chemin menant à l'étang, Sainjean aurait marché sur toute la longueur de ses craintes et Diable seul sait où il se serait retrouvé…

L'étang gît sous le brouillard. Un faible clapotis le trahit… Combien le piège de ses eaux est grossier. Ah ! là, cette masse sombre dormant entre les voiles de ce matin blanc.

C'est bien la maison du devin. Encore quelques pas et il sera rendu. Les deux lieues d'aller sont mortes, restent les deux lieues du retour. Sainjean respire avec plus d'aisance. Pour revenir, grâce à l'homme-secret, il aura de quoi braver pire engeance.

Il reconnaît l'échelle vomie par la lucarne du grenier qui semble posée comme pour accéder plus commodément aux enfers.

Tout en s'apprêtant à cogner à l'huis, il marque un temps et se prend à compter une fois encore le temps écoulé depuis sa dernière visite : vingt… vingt-cinq ans ? Cela le fait remonter jusqu'en 1860, ou 65 ?

Il frappe, et, malgré son attente, la voix qu'il vient de provoquer lui tire un sursaut :

- Pousse donc…

A peine dit, aussitôt accompli. Il donne un coup d'épaule à la porte et se laisse gober de force par l'intérieur.

Ce vieillard ratatiné, assis face à l'haleine âcre d'un feu de sapin dont la fumée bleuit l'entour, est bien l'homme pour lequel il vient de s'offrir deux inquiètes lieues. C'est le devin.

 

 

 

Claude Seignol, Le rond des Sorciers, 1993.

éd. Pocket p. 29

 

 

 

QUESTIONS (15 points) Page 2/2

 

Vous ferez des réponses complètes et rédigées aux questions

 

Une atmosphère irréelle (3 pts)

1) « Le devin habite-t-il toujours cette fermette près de l'étang ? » (ligne 7)

a - Transformez cette phrase à la voix passive en conservant la tournure interrogative (0,5 pt)

b - Des deux tournures (active et passive), quelle est celle que vous préférez ? Pourquoi ? (1 pt)

 

2) « aurait marché » (ligne 9)

a - Identifiez le mode et le temps (0,5 + 0,5 pt)

b - Justifiez l'emploi (0,5 pt)

 

Un visiteur affrayé (7 pts)

3) « commodément » (ligne 17)

a - A quelle classe grammaticale appartient ce mot ? (0,5 pt)

b - Expliquez la formation de ce mot (1 pt)

c - Donnez un nom de la même famille (0,5 pt)

 

4) Donnez un synonyme de « huis » (ligne 18) (0,5 pt)

 

5) Pour quelle raison Sainjean va-t-il consulter le devin ? (2 pts)

 

6) « malgré son attente » (ligne 21)

a - Quelle circonstance est exprimée par ce G.N. ? (0,5 pt)

b - Remplacez le G.N. par une proposition subordonnée exprimant la même circonstance (0,5 pt)

c - Quel mode avez-vous employé ? (0,5 pt)

d - Que révèle cette expression sur les sentiments de Sainjean ? (1 pt)

 

Un personnage mystérieux (4 pts)

7) « se laisse gober par l'intérieur » (ligne 23)

a - Quelle est la figure de style utilisée ? (0,5 pt)

b - Expliquez l'expression (1 pt)

c - Relevez dans le texte une autre image appartenant au même champ lexical (0,5 pt)

 

8) a - Relevez au moins quatre mots ou expressions par lesquels l'auteur désigne le devin (1 pt)

b - Ces différentes désignations vous permettent-elles de vous représenter le devin ? Faites son portrait en une ou deux phrases. (1 pt)

 

Un lecteur captivé (1 pt)

9) Quelles impressions l'atmosphère du texte provoque-t-elle sur le lecteur ? Justifiez votre réponse (1 pt)

 

 

 

REECRITURE (5 points)

 

« Le devin (ligne 7) … jusqu'à … au commun !… (ligne 8) »

Réécrivez ce passage au discours indirect en commençant par : « Sainjean se demandait… » et en faisant les transformations nécessaires.

 

 

 

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DIPLOME NATIONAL DU BREVET - SERIE COLLEGE

SESSION DE REMPLACEMENT 2001 (MARS 2002)

 

FRANÇAIS

 

 

 

PREMIERE PARTIE (2) : DICTEE : 5 points

Durée : 15 mns

(La ponctuation sera dictée)

 

 

 

 

 

Jamais nuit n'a paru aussi lugubre. D'entre la grange et le bâtiment abritant la grande pièce de ferme, des gémissements d'air naissent, mordant cœur et âme. Sur les flancs du tombereau chargé de fumier sont restées des fourches, bien plantées de leurs quatre dents. Leurs manches se plaignent en sifflant des fureurs aiguës. Dans ce coin marqué du diable, le rétrécissement de la course folle du vent accroît sa violence et montre toute sa colère de s'être laissé prendre dans un piège qu'il fuit en grondant..

 

 

 

Claude SEIGNOL. Le Ronds des Sorciers

Edition Pocket, p. 13

 

 

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DIPLOME NATIONAL DU BREVET - SERIE COLLEGE

SESSION DE REMPLACEMENT 2001 (MARS 2002)

 

FRANÇAIS

 

 

 

L'usage d'un dictionnaire de langue française est autorisé.

 

 

 

SECONDE PARTIE : REDACTION : 15 points

Durée : 1H30

 

 

 

 

 

Sujet

 

 

 

Imaginez comme suite à ce texte la consultation de Sainjean chez le devin.

 

Vous conserverez l'atmosphère fantastique.

 

Votre texte comportera obligatoirement : description, récit et dialogue.

 



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DIPLOME NATIONAL DU BREVET - SERIE COLLEGE

SESSION NORMALE 2002

 

FRANÇAIS

 

Première partie (1) : Texte littéraire suivi de questions + réécriture + dictée : 25 points

Durée : 1H30

 

Aujourd'hui je me tiens debout

Mes pieds se couvrent de terre

Et mes racines viennent de très loin.

Elles ont, à travers l'Europe

Reçu la force de parcourir l'océan

Elles ont en de multiples directions

Parcouru votre terre.

Voici mon visage voyez-le

Je suis autre et je suis d'ici

Je suis différent des hôtes

Dont la terre et le sang m'ont accueilli.

A vous je clame

Votre terre m'accueille une nouvelle fois

Son souffle me transforme

Je viens là dire ma reconnaissance.

Enfin nous voyons se dresser

Le geste kanak de l'énergie sans nom

Après tant d'épreuves

Tant d'ignorance et d'orgueil

Je dis mon attente

Que ce geste révèle un sentier nouveau

Du cheminement au rythme des conques.

 

La parole est là.

 

Attentifs

Soyons humbles, nous qui trop souvent

Croyons dominer le monde

Osons l'ignorance et le vide

La disponibilité

Que la parole kanak fasse son chemin

 

De l'esprit et du cœur

 

Nous

Accueillis ici

Franchissons les portes

Le lieu est ouvert

Laissons au-dehors les mille démons.

Un homme se tient au seuil

Près de lui les formes et les noms

Visages et connaissances de l'univers.

L'appel de la conque trouve les cœurs.

Du pays tout entier

Nous serons là

A la rencontre de

L'AUTRE.

Nicolas KURTOVITCH, Poème pour l'ouverture

du Centre Tjibaou, in Mwà Véé, n° 21, 1998

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QUESTIONS (15 points)

 

Vous ferez des réponses complètes et rédigées aux questions

 

 

 

I &endash; Un Verbe poétique (3,5 points)

 

1- Relevez, vers 1 à 22, les verbes signifiant « parler » ; quel est le mot sujet de ces verbes ? Qui est désigné par ce mot ? (1,5 points)

 

2- Dans les mêmes vers, relevez les marques de la 2ème personne du pluriel. Qui désignent-elles ? (0,5 point)

 

3- Dans les vers 24 à 43, quel est le pronom personnel sujet dominant ? Qui représente-t-il ? (0,5 point)

 

4- Par quels moyens d'expression l'auteur marque-t-il l'importance et la solennité de l'événement ? (1 point)

 

 

II &endash; L'aboutissement d'une longue histoire (4,5 points)

 

5- Que remplace « dont » au vers 11 ? Réécrivez la proposition de ce vers 11 sous la forme d'une phrase simple en commençant par : « La terre … » (1 point)

 

6- En vous appuyant sur le texte, dites à quel mode est conjugué le verbe « révèle » (vers 21). Pourquoi ce

mode est-il employé ? (1 point)

 

7- Relevez dans le texte trois verbes au présent de l'indicatif, trois au passé-composé, un au futur ; que traduit cet emploi des temps ? (1,5 points)

 

8- Expliquez « Enfin » (vers 16). (1 point)

 

 

III &endash; Une nouvelle reconnaissance (7 points)

 

9- Certains mots sont mis en valeur par la disposition du texte sur la page : lesquels et pourquoi ? (1,5 points)

 

10- Vers 2-3 : quelle est la figure de style utilisée ? Expliquez-la. (1 point)

 

11- Le mot « reconnaissance » (vers 15) a-t-il un seul sens ? Justifiez votre réponse. (1,5 points)

 

12- Comment le dernier mot du poème est-il mis en valeur ? A quel vers ce même mot est-il déjà employé ?

A-t-il le même sens ? Vous justifierez votre réponse. (1,5 points)

 

13- Dans le texte, que symbolise le Centre Culturel Tjibaou ? (1,5 points)

 

 

 

 

 

REECRITURE (3 points)

 

Réécrivez les vers 31 à 38 en respectant la mise en page mais en commençant par « Toi » et en effectuant toutes les modifications qui en résultent. Les erreurs de copie seront sanctionnées.

 

 

 

 

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Centres de Nouvelle-Calédonie

 

 

 

DIPLOME NATIONAL DU BREVET - SERIE COLLEGE

 

SESSION NORMALE 2002

 

FRANÇAIS

 

 

 

Première partie (2) : DICTEE : 7 points

Durée : 15 mn

 

 

 

L'ORAGE

 

 

Le ciel flambait, violent, à l'horizon, barré par un long nuage violacé qui montait de la mer.

Nous étions encore à deux bonnes heures de Nassirah quand l'encre de l'orage nous a engloutis. Sous le couvert des arbres, nous n'y voyions plus rien. Par intermittence, un éclair dévoilait le paysage alentour. L'image restait gravée un instant sur mes pupilles, pétillement lumineux dans le noir, puis je me retrouvais aveugle, incapable de discerner quoi que ce soit. Bientôt la vue m'était rendue et je distinguais de nouveau les ombres vagues des arbres, alors un éclair illuminait tout, découpant chemin, rochers, niaoulis au scalpel, puis je me retrouvais une nouvelle fois dans le ventre de la baleine.

 

 

D'après Joëlle WINTREBERT, La Colonie perdue

Seuil, 1998

 

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DIPLOME NATIONAL DU BREVET - SERIE COLLEGE

 

SESSION NORMALE 2002

 

FRANÇAIS

 

 

Le dictionnaire de langue française est autorisé pendant la deuxième partie.

 

 

Seconde partie : REDACTION : 15 points

Durée : 1H30

 

 

(Sujet prenant appui sur le texte de Nicolas KURTOVITCH)

 

 

Sujet

 

 

Vous recevez un correspondant et vous voulez le convaincre d'aller visiter un lieu d'échange artistique et culturel tel que le Centre Culturel Tjibaou. Rédigez sous la forme d'un dialogue, d'une trentaine de lignes au minimum, la conversation. Votre texte comportera des passages de discours descriptif, explicatif, argumentatif et éventuellement narratif.

 

 

 

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Aujourd'hui je me tiens debout

Mes pieds se couvrent de terre

Et mes racines viennent de très loin.

Elles ont, à travers l'Europe

Reçu la force de parcourir l'océan

Elles ont en de multiples directions

Parcouru votre terre.

Voici mon visage voyez-le

Je suis autre et je suis d'ici

Je suis différent des hôtes

Dont la terre et le sang m'ont accueilli.

A vous je clame

Votre terre m'accueille une nouvelle fois

Son souffle me transforme

Je viens là dire ma reconnaissance.

Enfin nous voyons se dresser

Le geste kanak de l'énergie sans nom

Après tant d'épreuves

Tant d'ignorance et d'orgueil

Je dis mon attente

Que ce geste révèle un sentier nouveau

Du cheminement au rythme des conques.

 

La parole est là.

 

Attentifs

Soyons humbles, nous qui trop souvent

Croyons dominer le monde

Osons l'ignorance et le vide

La disponibilité

Que la parole kanak fasse son chemin

 

De l'esprit et du cœur

 

Nous

Accueillis ici

Franchissons les portes

Le lieu est ouvert

Laissons au-dehors les mille démons.

Un homme se tient au seuil

Près de lui les formes et les noms

Visages et connaissances de l'univers.

L'appel de la conque trouve les cœurs.

Du pays tout entier

Nous serons là

A la rencontre de

L'AUTRE.

Nicolas KURTOVITCH, Poème pour l'ouverture

du Centre Tjibaou, in Mwà Véé, n° 21, 1998

 



 

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DIPLÔME NATIONAL DU BREVET

SÉRIE PROFESSIONNELLE

SESSION NORMALE 2002

 

FRANÇAIS

 

 

Première partie (1) : Texte littéraire suivi de questions + réécriture + dictée : 25 points

Durée : 1 h 30

 

 

 

Texte suivi de questions

 

Un jour de septembre 1867, deux enfants ramassaient des coquillages sur une plage de Freemantle, Etat de l'Australie-Occidentale.

- Regarde, dit l'un, ce grand oiseau échoué qui bat des ailes sans pouvoir s'envoler.

Ils s'approchèrent et reconnurent un albatros, le plus grand oiseau des mers du Sud, celui que les marins appellent l'oiseau des tempêtes.

Il avait bien huit pieds d'envergure (1). Les ailes longues et étroites balayaient par saccades frénétiques (2) le sable fin et le cou s'allongeait désespérément tandis que le bec crochu demeurait ouvert.

- Une queue de poisson dépasse, constata l'aîné, et le poisson lui coince la gorge.

Le plus jeune remarqua que l'oiseau portait, amarrée (3) au col, une tresse de cuir à laquelle pendait un carré de tôle.

Bien qu'affaibli, l'albatros était encore redoutable et les enfants craignaient la force de son bec.

Ils coururent jusqu'à la cabane du père Webb, un ancien marin qui vivait dans les dunes à l'écart de l'agglomération. James Webb avait longtemps navigué sur les baleiniers de Melbourne et de Hobart Town comme maître harponneur.

À Freemantle on le tenait pour un original à l'esprit un peu dérangé. Quand les gosses arrivèrent à la hutte de planches et de tôles, plantée au flanc de la dune, Webb sculptait un os.

 

 

 

Jean Ollivier,

Récits des mers du Sud, 1982,

Éd. Bordas.

 

(1) Huit pieds d'envergure : plus de 2,50 m, ailes déployées.

(2) Frénétiques : violentes.

(3) Amarrée : accrochée.

 

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QUESTIONS (15 points)

 

Vous ferez des réponses complètes et rédigées aux questions

 

 

1. Où et quand se passe cette histoire ? (1 pt)

 

2. Quels sont les personnages évoqués dans ce texte ? (1 pt)

 

3. Pour quelles raisons l'albatros est-il « affaibli » (ligne 12) ? (2 pts)

 

4. Pourquoi les enfants se méfient-ils de l'albatros ? (2 pts)

 

5. Quels sont les deux temps du passé les plus employés dans ce texte ? (1 pt)

Citez un exemple pour chacun d'eux. (1 pt)

 

6. Pourquoi les gens pensent-ils que le père Webb est « un original à l'esprit un peu dérangé » ? (2 pts)

 

7. Quel était le rôle de James Webb sur le baleinier ? (1 pt)

 

8. Donnez un titre à ce texte. (2 pts)

 

9. Expliquez l'expression soulignée dans le passage suivant (ligne 6) : « Les ailes longues et étroites balayaient par saccades frénétiques le sable fin... » (2 pts)

 

 

RÉÉCRITURE (5 points)

 

 

a) Réécrivez cette phrase au style indirect, en commençant par : « L'aîné constata qu'… »

 

« Une queue de poisson dépasse, constata l'aîné, et le poisson lui coince la gorge. »

 

 

b) Réécrivez ce passage en remplaçant « ils » par « il », et en effectuant les modifications nécessaires.

 

« Ils s'approchèrent et reconnurent un albatros, … tempêtes.»

 

 

Les erreurs de copie seront sanctionnées.

 

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DIPLÔME NATIONAL DU BREVET

SÉRIE PROFESSIONNELLE

SESSION NORMALE 2002

 

FRANÇAIS

 

Première partie (2) : DICTÉE : 5 points

Durée : 15 mn

 

 

Autrefois, corbeaux et tourterelles ignoraient que la noix de bancoul est bonne à manger. Jamais ils n'avaient vu la bonne chair qui est à l'intérieur du fruit. En ces jours, tout comme aujourd'hui, les noix mûrissaient sur les arbres, puis, elles tombaient. Protégées par leur grosse enveloppe verte, elles ne se brisaient pas dans leur chute. Quand l'enveloppe extérieure se desséchait et s'ouvrait, les oiseaux ne voyaient que la coque de la noix, qui est dure et lisse comme la pierre. Ils pensaient que ce n'était pas meilleur à manger que les cailloux ronds du creek et cherchaient ailleurs leur nourriture.

 

Vint une saison où tous les arbres, toutes les plantes, donnèrent leurs fleurs, mais point de fruit. L'eau du ciel ne voulait pas tomber. La terre était devenue si sèche qu'elle se fendillait en grandes crevasses.

 

 

 

J. MARIOTTI,

Contes de Poindi

 

 

On écrit au tableau les mots : bancoul - creek

 

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DIPLÔME NATIONAL DU BREVET

SÉRIE PROFESSIONNELLE

 

SESSION NORMALE 2002

 

FRANÇAIS

 

 

L'usage d'un dictionnaire de langue française et autorisé

 

Le candidat choisira un seul des deux sujets proposés

et indiquera clairement le numéro du sujet choisi.

 

 

Seconde partie : RÉDACTION : 15 points

Durée : 1 h 30

 

 

(Sujets prenant appui sur le texte de Jean Ollivier)

 

 

Évaluation pour le devoir (sujet n° 1 et sujet n° 2)

Il sera tenu compte :

- de la qualité de l'expression,

- de l'orthographe,

- de la mise en page du texte : paragraphes, passages à la ligne pour les dialogues, ponctuation.

 

SUJET n° 1

 

Les enfants découvrent que le carré de tôle est une sorte d'enveloppe repliée contenant un long message rédigé par l'un des survivants d'un naufrage.

 

Imaginez que vous êtes ce naufragé, qui a rédigé ce message pour raconter le naufrage, décrire son île et demander de l'aide.

Rédigez ce message afin que les secours puissent tenter de vous retrouver (au moins une vingtaine de lignes).

 

Consignes pour rédiger :

- Écrivez à la première personne(Je ou Nous).

- Décrivez les circonstances du naufrage, les lieux, les conditions météorologiques, le paysage de

l'île, la végétation, la plage, le relief, etc.

- Ne signez pas la lettre de votre véritable nom, mais d'un nom imaginaire.

 

 

Sujet n° 2

 

Vous marchez avec un(e) camarade sur la plage. Vous découvrez un animal blessé. Votre ami(e) ne souhaite pas s'arrêter. Essayez de le/la convaincre qu'il est important de secourir les animaux en détresse. Imaginez cette discussion sous la forme d'un dialogue d'une vingtaine de lignes.

 

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Centres de Nouvelle-Calédonie

 

Un jour de septembre 1867, deux enfants ramassaient des coquillages sur une plage de Freemantle, état de l'Australie-Occidentale.

- Regarde, dit l'un, ce grand oiseau échoué qui bat des ailes sans pouvoir s'envoler.

Ils s'approchèrent et reconnurent un albatros, le plus grand oiseau des mers du Sud, celui que les marins appellent l'oiseau des tempêtes.

Il avait bien huit pieds d'envergure (1). Les ailes longues et étroites balayaient par saccades frénétiques (2) le sable fin et le cou s'allongeait désespérément tandis que le bec crochu demeurait ouvert.

- Une queue de poisson dépasse, constata l'aîné, et le poisson lui coince la gorge.

Le plus jeune remarqua que l'oiseau portait, amarrée (3) au col, une tresse de cuir à laquelle pendait un carré de tôle.

Bien qu'affaibli, l'albatros était encore redoutable et les enfants craignaient la force de son bec.

Ils coururent jusqu'à la cabane du père Webb, un ancien marin qui vivait dans les dunes à l'écart de l'agglomération. James Webb avait longtemps navigué sur les baleiniers de Melbourne et de Hobart Town comme maître harponneur.

À Freemantle on le tenait pour un original à l'esprit un peu dérangé. Quand les gosses arrivèrent à la hutte de planches et de tôles, plantée au flanc de la dune, Webb sculptait un os.

 

 

 

Jean Ollivier,

Récits des mers du Sud, 1982,

Éd. Bordas.

 

 

(1) Huit pieds d'envergure : plus de 2,50 m, ailes déployées.

(2) Frénétiques : violentes.

(3) Amarrée : accrochée.

 



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DIPLOME NATIONAL DU BREVET - SERIE COLLEGE

SESSION DE REMPLACEMENT 2002 (MARS 2003)

 

FRANÇAIS

 

 

Première partie (1) : Texte littéraire suivi de questions + réécriture + dictée : 25 points

Durée : 1H30

 

 

Je dévale la colline. Il fait frais, presque froid. Tous les insectes sont casqués de rosée. Même l'araignée qui écoute le monde avec ses bras. Grand-père essaye de suivre. Je file comme l'éclair. Je suis léger, léger. On dirait que je vole.

Je m'arrête au bord de la route. Je fais très attention. Les voitures pourraient m'attraper si je m'approche trop. Il faut les voir avec leurs lances de lumière, leur bruit de tonnerre, leur souffle quand elles passent ! Alors je reste à l'arrêt de bus. Je m'accroche au poteau. Je pose ma joue à plat sur le métal glacé, un peu humide.

Grand-père m'a rejoint. On s'amuse à regarder la fumée qui sort de nos bouches. On rit, on dit que c'est des petits fantômes. Et puis… qu'est-ce que… qu'est-ce que c'est ? ! Je sursaute, je serre la main de Grand-père. La bête a stoppé net, tout près de nous, en respirant très fort avec ses freins.

« N'aie pas peur. J'le connais. C'est Paul, un copain. On travaillait ensemble dans l'temps. I'va nous emmener. »

Ho hisse ! Grand-père me soulève. Nous voici dans la benne, parmi les choux de Chine, les radis, le persil, les tomates. Ça sent le vert, la terre fraîche. On est tellement secoués qu'il faut se tenir aux cageots, rouler de droite et de gauche avec les pommes de terre, se coucher parfois sur un lit de melons. Je vois le ciel sous la bâche trouée qui bat dans le vent. Doniambo, le port, la gare maritime toute décoiffée, le Marie-Hélène, les pilotines*, et puis soudain, les toits bleus du marché. On est arrivés ! On descend en faisant tata* au monsieur.

Les premiers clients sont déjà là. Vite ! vite ! on s'active. On décharge la marchandise, on étale les légumes en bottes ou en sacs déjà pesés. J'aime les robes chiffonnées des salades, les châteaux d'oranges, les ananas épluchés, sculptés en spirale. On se presse, on discute, on rigole dans toutes les langues. Grand-père se mêle à l'orchestre tahitien, prend un ukulélé. C'est parti ! Il en a pour des heures à chanter, à gratter sa guitare de poupée avec un sourire d'ange.

Moi, je préfère aller voir les poissons. J'achète un nem à la vieille Minh, qui n'a plus de dents. J'échappe à sa main brune qui pue le gingembre et le poulet rôti, et je me précipite vers la case au bord de l'eau. Il y a encore des bateaux à quai. Les marins ont le visage tiré. Ils ont dû travailler toute la nuit. Dans les glacières, des trésors brillent : maï-maï, bossus, langoustes, carangues, perroquets* ! Ça vibre, ça s'agite, ça tricote des pattes et des antennes, dans l'odeur du sang, du sel et de la glace.

J'ai souvent pitié de ces prisonnières promises au supplice du couteau et de l'eau bouillante, mais Grand-père dit qu'il faut manger pour devenir un homme.

Des fois, j'ai envie de rester petit.

 

 

 

Frédéric OHLEN, « Tovaritch ! »

In Brûlures, Grain de Sable,

2000

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QUESTIONS (15 points)

 

Vous ferez des réponses complètes et rédigées aux questions

 

 

I &endash; Un voyage pittoresque et mouvementé (7,25 points)

 

1- a) D'où partent les personnages ? Où se rendent-ils ? (0,5 point)

b) Quel est l'itinéraire suivi ? Quels sont les moyens de locomotion possibles sur ce trajet ? (0,5 point)

 

2- Les quatre dernières phrases du premier paragraphe sont courtes et sans liaison :

Quel effet produisent-elles ? Réécrivez les deux dernières pour en faire une seule de sens équivalent, en

faisant apparaître un rapport logique. (1,5 point)

 

3- En quoi le groupe nominal : « leurs lances de lumière » (l. 5) vous renseigne-t-il sur le moment de la

scène ? Quelle figure de style reconnaissez-vous ici ? Trouvez-en un autre exemple dans le texte. (1,5 point)

 

4- Expliquez en contexte : « benne » (l. 14), « visage tiré » (l. 29). (2 x 0,5 point)

 

5- A partir de quel préfixe est formé le verbe décharger (l. 21) ? Quel est son sens ?

Trouvez un autre exemple dans le 1er paragraphe : le préfixe a-t-il le même sens ? (1 point)

 

6- Relevez un exemple dans le texte illustrant chacun des sens suivants : vue &endash; ouïe &endash; odorat &endash; toucher.

Quel est le sens manquant ? (1,25 point)

 

 

II &endash; Une vision enfantine du monde (7,75 points)

 

7- Que traduit l'emploi fréquent du point d'exclamation dans le texte ? (1 point)

 

8- Relevez trois exemples d'expressions donnant vie à des objets et deux exemples de mots ou expressions personnifiant des animaux. Que suggèrent tous ces exemples ? (2 points)

 

9- « Je fais très attention. Les voitures pourraient m'attraper si je m'approche trop. »

Faites de ces deux phrases une phrase complexe. Quel rapport logique avez-vous mis en évidence ? (1 point)

 

10- a) « Des fois » (dernière ligne) : à quel registre de langue appartient l'expression ? Trouvez un autre

exemple (vocabulaire, prononciation, construction …) du même registre. Justifiez votre réponse. (1,5 point)

b) Qui est « on » dans les trois phrases :

- l. 12 : « on travaillait ensemble dans l'temps. »

- l. 19 : « On est arrivés ! »

- l. 24 : « on rigole dans toutes les langues. »

Précisez dans quelles phrases se trouve un « on » du registre familier. (1,25 point)

 

11- A votre avis, quel est l'âge du narrateur ? Vous justifierez votre réponse à l'aide de citations précises du

texte. (1 point)

 

 

 

 

REECRITURE (3,5 points)

 

« J'aime les robes chiffonnées des salades, les châteaux d'oranges, les ananas épluchés, sculptés en spirales. On se presse, on discute, on rigole dans toutes les langues. Grand-père se mêle à l'orchestre tahitien, prend un ukulélé. C'est parti ! »

 

Réécrivez ce passage au passé.

 

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DIPLOME NATIONAL DU BREVET - SERIE COLLEGE

 

SESSION DE REMPLACEMENT 2002 (MARS 2003)

 

FRANÇAIS

 

 

 

Première partie (2) : DICTEE : 6,5 points

Durée : 15 mn

 

 

 

 

Le cadeau du sculpteur Enok à sa bienfaitrice.

 

 

Enok sortit lentement de son sac un peigne en bois sculpté et le posa au bord de la table. Il se racla la gorge plusieurs fois puis tout en regardant ses pieds il entreprit, d'une voix faible, son discours de remerciement.

Tiarina, les bras croisés, l'air pénétré, n'écoutait pas, elle admirait le peigne. Elle n'en avait jamais vu de semblable. Les dents étaient longues, fines et régulières, le bois brillant, le coquillage qu'il représentait au sommet était tout en courbes, en volutes, en creux satinés, en reliefs polis. Enok expliqua aussi qu'il s'était servi de la texture mouchetée du bois bleu pour réaliser ce peigne de vénus, un vrai bijou de fête.

 

 

Claudine JACQUES, L'Homme-Lézard,

HB Editions, 2002

 

 

On écrit « Enok » et « Tiarina » au tableau.

 

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DIPLOME NATIONAL DU BREVET - SERIE COLLEGE

 

SESSION DE REMPLACEMENT 2002 (MARS 2003)

 

FRANÇAIS

 

 

 

Le dictionnaire de langue est autorisé pendant la deuxième partie.

Aucun candidat n'écrira son nom sur sa copie.

 

 

 

Seconde partie : REDACTION : 15 points

Durée : 1H30

 

 

Sujet

 

 

Le narrateur a continué à flâner dans le marché : pots de fleurs, vêtements, bijoux... Il n'a retrouvé son grand-père, inquiet de sa disparition que plusieurs heures après. Il tente de se justifier et de répondre aux reproches que son grand-père lui adresse, en soulignant l'utilité d'une telle promenade.

 

Racontez ces retrouvailles sous la forme d'un dialogue d'une trentaine de lignes, au minimum, comprenant des passages : - narratif

- descriptif

- argumentatif

 



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DIVISION DES EXAMENS ET CONCOURS

DIPLÔME NATIONAL DU BREVET - SÉRIE PROFESSIONNELLE

SESSION NORMALE 2003

FRANÇAIS

PREMIERE PARTIE (1) : Texte littéraire suivi de questions + réécriture + dictée : 25 points

Durée : 1 h 30

Texte suivi de questions

Après avoir exploré l'archipel océanien, Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811) relate, en 1771, ses découvertes et notamment son arrivée à Tahiti le 4 Avril 1769 et sa rencontre avec les insulaires (1).

Nous courions à pleines voiles vers la terre, présentant au vent (2) de cette baie, lorsque nous aperçûmes une pirogue qui venait du large et voguait vers la côte, se servant de sa voile et de ses pagaies. Elle nous passa de l'avant et se joignit à une infinité d'autres qui de toutes les parties de l'île accouraient au-devant de nous. L'une d'elles précédait les autres ; elle était conduite par douze hommes nus qui nous présentèrent des branches de bananiers, et leurs démonstrations attestaient que c'était là le rameau d'olivier (3). Nous leur répondîmes par tous les signes d'amitié dont nous pûmes nous aviser ; alors ils accostèrent le navire, et l'un d'eux, remarquable par son énorme chevelure hérissée en rayons, nous offrit avec son rameau de paix un petit cochon et un régime de bananes. Nous acceptâmes son présent qu'il attacha à une corde qu'on lui jeta ; nous lui donnâmes des bonnets et des mouchoirs, et ces premiers présents furent le gage (4) de notre alliance avec ce peuple.

Bientôt plus de cent pirogues de grandeurs différentes et toutes à balancier environnèrent les deux vaisseaux. Elles étaient chargées de cocos, de bananes et d'autres fruits du pays. L'échange de ces fruits délicieux pour nous, contre toutes sortes de bagatelles, se fit avec bonne foi, mais sans qu'aucun des insulaires voulût monter à bord. Il fallait entrer dans leurs pirogues ou montrer de loin les objets d'échange ; lorsqu'on était d'accord, on leur envoyait au bout d'une corde un panier ou un filet ; ils y mettaient leurs effets et nous les nôtres, donnant ou recevant indifféremment avant que d'avoir donné ou reçu, avec une bonne foi qui nous fit bien augurer (5) de leur caractère. D'ailleurs nous ne vîmes aucune espèce d'armes dans leurs pirogues où il n'y avait point de femmes à cette première entrevue. Les pirogues restèrent le long des navires jusqu'à ce que les approches de la nuit nous firent revirer au large ; toutes alors se retirèrent.

Louis-Antoine de Bougainville,

Voyage autour du monde

Éd. Folio classique

 

(1) insulaire : qui habite une île

(2) Présentant au vent : terme technique de marine, le navire arrive vent arrière, donc la manœuvre est très aisée.

(3) Le rameau d'olivier : expression d'origine biblique, qui symbolise la paix.

(4) Le gage : la garantie

(5) Augurer de : prévoir, deviner à l'avance

 

QUESTIONS (15 points)

 

Vous ferez des réponses complètes et rédigées aux questions

 

 

I &endash; Le cadre du récit (5 points)

 

1. Où et quand se déroule cette histoire ? (1 point)

 

2. Qui est représenté par le pronom personnel « nous » ? (2 points)

 

3. Quelles sont les autres personnes évoquées dans le texte ? (1 point)

 

4. Où se passe la rencontre entre les insulaires et les marins ? (1 point)

 

 

II &endash; La rencontre et l'échange (10 points)

 

5. Comment les marins sont-ils accueillis par les insulaires ? Relevez les termes qui justifient votre réponse. (2 points)

 

6. Quels sont les deux temps du passé les plus employés dans ce texte ? Citez un exemple pour chacun d'eux. (2 points)

 

7. Grâce aux réponses précédentes, déduisez le type de texte auquel appartient cet extrait. (1 point)

 

8. Donnez un titre à cet extrait. (2 points)

 

9. Expliquez l'expression soulignée dans le passage suivant (l.6) : « […] et leurs démonstrations attestaient que c'était là le rameau d'olivier ». (2 points)

 

10. Quand et comment se termine la rencontre ? (1 point)

 

 

 

 

 

RÉÉCRITURE (5 points)

 

 

a) Réécrivez le passage suivant en remplaçant « nous » par « je », et en effectuant les modifications nécessaires.

 

« Nous leur répondîmes … régime de bananes.» (l. 6 à 9)

 

b) Réécrivez le passage suivant au présent de l'indicatif :

 

« Nous courions à pleines voiles … ses pagaies. » (l.1 à 3)

 

 

Les erreurs de copies seront sanctionnées.

 

PREMIERE PARTIE (2) : DICTÉE : 5 points

Durée : 15 min.

 

En fait, les baleines se déplaçaient peu ; elles paraissaient se laisser dériver sur la mer calme. Leur peau était absolument noire et j'en fus surpris car je n'en connaissais qu'une espèce, de teinte gris acier. Par comparaison à l'allure menaçante et glacée des requins, ces énormes bêtes me parurent douces, voire amicales. Manifestement, elles ne cherchaient pas la bagarre et ne s'intéressaient même pas à moi. Elles semblaient presque immobiles à la surface. Les jets d'eau qu'elles expulsaient par intermittence devaient atteindre quatre à cinq mètres de hauteur, mais ils ne me parurent pas très puissants. […]

Tandis que je m'éloignais en les évitant, je regrettais presque de laisser derrière moi ces aimables compagnons.

 

KENICHI HORIE

Défi au Pacifique

 

On écrit au tableau le mot : intermittence

_____________________________________________________________

 

Le candidat choisira un seul des deux sujets proposés et indiquera clairement

le numéro du sujet choisi.

 

Un dictionnaire de langue française est autorisé pour cette seconde partie de l'épreuve.

Le candidat choisira un seul des deux sujets proposés et indiquera clairement

le numéro du sujet choisi.

 

SECONDE PARTIE : RÉDACTION : 15 points

Durée : 1 h 30

(Sujets prenant appui sur le texte de Louis-Antoine de Bougainville)

 

Évaluation pour le devoir (sujet n°1 et sujet n°2)

Il sera tenu compte :

- de la qualité de l'expression,

- de l'orthographe,

- de la mise en page du texte : paragraphes, passages à la ligne pour les dialogues, ponctuation.

 

SUJET n°1

 

Poursuivez le texte de Bougainville en imaginant la deuxième journée des marins qui décident de mettre pied à terre. Racontez leur découverte de l'île, du village tahitien et de sa population.

Votre texte devra comporter une vingtaine de lignes.

 

Consignes pour rédiger :

- Utilisez les temps du récit et la première personne du pluriel.

- Décrivez le paysage de l'île, l'implantation du village, la façon de vivre des Tahitiens et l'accueil qu'ils réservent aux marins.

 

SUJET n°2

 

Vous êtes deux amis voyageant sur l'un des vaisseaux de Bougainville. Vous avez assisté à l'accueil des Tahitiens et vous pensez que ce peuple est amical, mais votre ami est très pessimiste sur la suite des échanges qui auront lieu. Essayez de le convaincre de se rendre sur l'île avec vous.

Imaginez cette discussion sous la forme d'un dialogue d'une vingtaine de lignes, où vous ferez apparaître les arguments opposés.

 

 

Après avoir exploré l'archipel océanien, Louis-Antoine de Bougainville (1729-1811) relate, en 1771, ses découvertes et notamment son arrivée à Tahiti le 4 Avril 1769 et sa rencontre avec les insulaires (1).

 

Nous courions à pleines voiles vers la terre, présentant au vent (2) de cette baie, lorsque nous aperçûmes une pirogue qui venait du large et voguait vers la côte, se servant de sa voile et de ses pagaies. Elle nous passa de l'avant et se joignit à une infinité d'autres qui de toutes les parties de l'île accouraient au-devant de nous. L'une d'elles précédait les autres ; elle était conduite par douze hommes nus qui nous présentèrent des branches de bananiers, et leurs démonstrations attestaient que c'était là le rameau d'olivier (3). Nous leur répondîmes par tous les signes d'amitié dont nous pûmes nous aviser ; alors ils accostèrent le navire, et l'un d'eux, remarquable par son énorme chevelure hérissée en rayons, nous offrit avec son rameau de paix un petit cochon et un régime de bananes. Nous acceptâmes son présent qu'il attacha à une corde qu'on lui jeta ; nous lui donnâmes des bonnets et des mouchoirs, et ces premiers présents furent le gage (4) de notre alliance avec ce peuple.

Bientôt plus de cent pirogues de grandeurs différentes et toutes à balancier environnèrent les deux vaisseaux. Elles étaient chargées de cocos, de bananes et d'autres fruits du pays. L'échange de ces fruits délicieux pour nous, contre toutes sortes de bagatelles, se fit avec bonne foi, mais sans qu'aucun des insulaires voulût monter à bord. Il fallait entrer dans leurs pirogues ou montrer de loin les objets d'échange ; lorsqu'on était d'accord, on leur envoyait au bout d'une corde un panier ou un filet ; ils y mettaient leurs effets et nous les nôtres, donnant ou recevant indifféremment avant que d'avoir donné ou reçu, avec une bonne foi qui nous fit bien augurer (5) de leur caractère. D'ailleurs nous ne vîmes aucune espèce d'armes dans leurs pirogues où il n'y avait point de femmes à cette première entrevue. Les pirogues restèrent le long des navires jusqu'à ce que les approches de la nuit nous firent revirer au large ; toutes alors se retirèrent.

 

Louis-Antoine de Bougainville,

Voyage autour du monde

Éd. Folio classique

 

(1) insulaire : qui habite une île

(2) Présentant au vent : terme technique de marine, le navire arrive vent arrière, donc la manœuvre est très aisée.

(3) Le rameau d'olivier : expression d'origine biblique, qui symbolise la paix.

(4) Le gage : la garantie

(5) Augurer de : prévoir, deviner à l'avance

 



VICE-RECTORAT DE NOUVELLE-CALEDONIE

DIVISION DES EXAMENS ET CONCOURS

Centres de Nouvelle-Calédonie

DIPLOME NATIONAL DU BREVET - SERIE COLLEGE

SESSION NORMALE 2003

FRANÇAIS

PREMIERE PARTIE (1) : Texte littéraire suivi de questions + réécriture + dictée : 25 points

Durée : 1H30

 

LE COLLOQUE 1

Dans le jardin tout encombré de briques et d'échelles,

Deux ouvriers sénégalais coupent au chalumeau

Des tiges de ferraille, et de gros bouquets d'étincelles

Montent s'épanouir jusqu'à hauteur de mon carreau.

 

Mais à midi, repos : ils s'installent sur la terrasse

Pour déjeuner à l'aise avec un maçon algérien

Moustachu comme un paysan du Cantal ou d'Alsace,

Et le chef de chantier rieur à l'accent faubourien 2.

 

Comment peut-il mener et comprendre ses camarades ?

Chacun parle un français volubile3 de sa façon

Sans attendre son tour : c'est un contrepoint de tirades 4

Dont le sens se dissout dans le ruissellement du son.

 

Mais, comme des oiseaux, à la longue je m'en arrange

Et je crois deviner que ces débats exubérants 5

Ont pour inépuisable fond la différence étrange

Entre les noms que chacun donne à des objets courants.

 

La table, l'eau, le sel, le couteau, le pain et sa mie,

La pomme : tout y passe et, glosant 6 à n'en plus finir,

Ils font sous ma fenêtre une petite académie 7

Où s'ébauche 8 peut-être une langue de l'avenir.

 

Jacques Réda,

L'incorrigible, poésies itinérantes et familières (1988 &endash; 1992)

© Gallimard

 

 

1 colloque : débat entre plusieurs personnes sur un sujet sérieux

 

2 accent faubourien : accent populaire parisien

 

3 volubile : qui parle ou qui est parlé en abondance, avec rapidité

 

4 contrepoint de tirades : discussions qui s'entrecroisent

 

5 débats exubérants : conversations vives et animées

 

6 glosant : en faisant des commentaires détaillés

 

7 académie : une société de gens savants

 

8 s'ébauche : se construit

 

QUESTIONS (15 points)

 

 

Le texte et son organisation (3 points)

 

1) À quel genre littéraire ce texte appartient-il ? Justifiez votre réponse. (1)

 

 

2) Sur le modèle suivant : « Dans / le / jar/din / tou/t en/com/bré / de / bri/que/s et / d'é/chelles »

Recopiez le vers 17 en le décomposant en quatorze syllabes (0.5)

 

3) L'organisation du récit :

Donnez un titre aux trois parties du texte : strophe 1, strophes 2 et 3, strophes 4 et 5. (1.5)

 

 

L'observateur et les acteurs (5 points)

 

4) a - Relevez deux marques de nature différente de la présence du locuteur dans le texte. (1)

b - D'où observe-t-il la scène ? Justifiez votre réponse. (1)

 

5) D'où les ouvriers sont-ils originaires ? Pourquoi ces précisions sont-elles importantes ? (1)

 

6) a) « tout » (vers 1) et « tout » (vers 18) : comparez les deux mots (nature, fonction).(1)

b) Relevez deux éléments dans le texte qui rappellent le mythe de la tour de Babel. (1)

 

Le colloque (7 points)

 

7) Comment le mot inépuisable est-il formé ? Donnez un autre mot formé de la même manière. (1)

 

8) Vers 9 et 10 : - A partir des deux indépendantes, construisez une phrase complexe. (1)

- Quelle est la relation logique qui unit les deux propositions ? (0.5)

 

9) Vers 12 : « le ruissellement du son ».

- Nommez et expliquez l'image. (0.5 + 0.5)

- Comment l'image est-elle renforcée par les sonorités ? (0.5)

 

10) Pourquoi l'auteur fait-il référence aux oiseaux ? (1)

 

11) Quel est le sujet de ce colloque ? (1)

 

12) Comment comprenez-vous dans le texte l'expression « langue de l'avenir » ? (1)

 

 

REECRITURE (4 points)

 

Réécrivez les strophes 4 et 5, au passé.

 

Le vers 13 commencera ainsi :

« Mais, comme des oiseaux, à la longue je m'en suis arrangé

Et…………………………………………………..…………… »

 

Continuez jusqu'au vers 20 en apportant toutes les modifications qui s'imposent, la longueur des vers ne sera pas respectée.

 

Toute erreur de copie sera sanctionnée.

 

PREMIERE PARTIE (2) : DICTEE : 6 points

Durée : 15 mn

 

LA TOUR DE BABEL

 

[…] Quand la tour devint si haute que, de son sommet, les arbres paraissaient n'être que des brins d'herbe, les bâtisseurs s'aperçurent qu'ils manquaient de pierres. Il fallut alors cuire des briques.

 

A l'est, fut construit un escalier que les porteurs de briques escaladèrent d'un pas prudent, en une interminable procession. A peine avaient-ils déposé leur précieux fardeau qu'ils dévalaient à toutes jambes l'escalier situé à l'ouest de la tour.

 

Les hommes se donnaient entièrement à la tour. Ils ne pensaient qu'à elle, ne vivaient que pour elle, l'aimaient comme une fiancée. […]

 

 

 

Contes et légendes de la Bible

Du jardin de l'Eden à la Terre promise

Michèle KANH, Pocket Jeunesse, 1994.

 

_____________________________________________________

 

 Le dictionnaire de langue française est autorisé pendant cette seconde partie.

Aucun candidat n'écrira son nom sur sa copie.

 

 SECONDE PARTIE : REDACTION : 15 points

Durée : 1H30

 

(Sujet prenant appui sur le texte initial de Jacques REDA)

 

Sujet :

 

A la suite de votre lecture du poème « Le Colloque », vous écrivez à Monsieur Jacques REDA pour lui dire que vous partagez son « intérêt pour le langage ».

Vous lui présentez d'abord quelques régionalismes que vous connaissez, particularités du lexique de Nouvelle-Calédonie par exemple, pour élargir ses connaissances.

Ensuite, vous faites le récit d'une expérience au cours de laquelle vous avez comparé les différentes façons de parler (nommer des objets, se saluer…) ou de se comporter dans la vie quotidienne dans une autre culture que la vôtre.

Vous ne signerez pas votre lettre.

 

VICE-RECTORAT DE NOUVELLE-CALEDONIE

DIVISION DES EXAMENS ET CONCOURS

Centres de Nouvelle-Calédonie

 

 

LE COLLOQUE 1

Dans le jardin tout encombré de briques et d'échelles,

Deux ouvriers sénégalais coupent au chalumeau

Des tiges de ferraille, et de gros bouquets d'étincelles

Montent s'épanouir jusqu'à hauteur de mon carreau.

 

Mais à midi, repos : ils s'installent sur la terrasse

Pour déjeuner à l'aise avec un maçon algérien

Moustachu comme un paysan du Cantal ou d'Alsace,

Et le chef de chantier rieur à l'accent faubourien 2.

 

Comment peut-il mener et comprendre ses camarades ?

Chacun parle un français volubile3 de sa façon

Sans attendre son tour : c'est un contrepoint de tirades 4

Dont le sens se dissout dans le ruissellement du son.

 

Mais, comme des oiseaux, à la longue je m'en arrange

Et je crois deviner que ces débats exubérants 5

Ont pour inépuisable fond la différence étrange

Entre les noms que chacun donne à des objets courants.

 

La table, l'eau, le sel, le couteau, le pain et sa mie,

La pomme : tout y passe et, glosant 6 à n'en plus finir,

Ils font sous ma fenêtre une petite académie 7

Où s'ébauche 8 peut-être une langue de l'avenir.

 

 

Jacques Réda,

L'incorrigible, poésies itinérantes et familières (1988 &endash; 1992)

© Gallimard

1 colloque : débat entre plusieurs personnes sur un sujet sérieux

 

2 accent faubourien : accent populaire parisien

 

3 volubile : qui parle ou qui est parlé en abondance, avec rapidité

 

4 contrepoint de tirades : discussions qui s'entrecroisent

 

5 débats exubérants : conversations vives et animées

 

6 glosant : en faisant des commentaires détaillés

 

7 académie : une société de gens savants

 

8 s'ébauche : se construit