Sélection de livres de littérature pour la jeunesse
(parution 1997-1998)
actualisé le 10/11/98
YLRND02.GIF (70 octets) "En pleine lucarne" de Philippe DELERM
YLRND02.GIF (70 octets) "L’écran rouge" d’Ernest PEPIN
YLRND02.GIF (70 octets) "Un si terrible secret" d’Evelyne BRISOU-PELLEN
 
 
!GRRULE.GIF (211 octets)

DOIGT.GIF (547 octets)"  En pleine lucarne " de Philippe DELERM. Editions MILAN. 1998. 163 pages. 1250CFP.

lucarne- 2.gif (34849 octets)

Grrnd01.gif (57 octets) Professeur de français dans un collège de Normandie, Philippe DELERM écrit depuis longtemps pour le jeune public et ce n’est pas le succès inouï de " La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules " qui va lui faire abandonner les romans pour adolescents.

Le dernier, " En pleine lucarne ", publié chez MILAN, a un titre qui est déjà à lui seul tout un programme.

Le jeune héros, Stéphane CHATEL, redouble sa troisième, car il n’a q u’une passion dans la vie ( en dehors de Caroline) : le football. Son copain Romain a pu faire ce que lui n’a pas osé tenter : repéré par un entraîneur du F.C. Sochaux, il a quitté le petit village de Saint-Vincent-des-Bois pour tenter sa chance dans une école de foot. Voilà Stéphane bien seul ! Heureusement, il se lie d’amitié avec un jeune turc, Artun HALIC, qui fait preuve, la balle au pied, de grandes qualités. Mais quand le collège est entièrement " taggé " et que le père d’Artun, qui est bûcheron, est victime d’un grave accident du travail, Stéphane ne sait plus où il en est. Le retour de Romain va permettre de reconstituer une équipe de cadets solides, et en avant pour le challenge Lucien Poinsignon ! Comme le chante Jean-Jacques GOLDMAN, "  J’irai au bout de mes rêves… "

Très bien construit, le roman de Philippe DELERM est susceptible d’intéresser les adolescents car plusieurs thèmes s’y entrecroisent. Hormis le football ( que DELERM connaît très bien), "   En pleine lucarne " parle des amours qui débutent et de l’amitié, avec beaucoup de pudeur et de finesse. Mais un des thèmes centraux du livre est le racisme, avec le personnage d’Artun HALIC, le jeune émigré turc, peint avec subtilité et émotion. Une réussite indéniable dans l’ensemble puisque (mais est-il utile de le préciser ?) le livre est très bien écrit

FL-C-AN.GIF (1778 octets)

DOIGT.GIF (547 octets)L’écran rouge " d’Ernest PEPIN, GALLIMARD. Collection " Page blanche ". 1998. 46 pages. 590 CFP.

ecran-rouge.gif (24832 octets)

Grrnd01.gif (57 octets) La collection pour adolescents " Page blanche " chez GALLIMARD fait peau neuve. Changement de format, changement de papier, changement de couverture. A cette occasion, et pour fêter les dix ans de sa création, " dix romanciers contemporains ont trempé leur plume dans les couleurs d’un arc-en-ciel imaginaire " et cela a donné dix nouvelles plus ou moins réussies.

L’une des meilleures est celle d’Ernest PEPIN, écrivain antillais, moins connu que Raphaël CONFIANT ou Patrick CHAMOISEAU, mais qui nous offre avec " L’écran rouge " une belle réussite littéraire. Le texte commence par une promenade dans Pointe-à-Pitre, avant que l’écrivain, qui est le héros de sa nouvelle, ne pousse la porte d’une galerie. Et " là ! là ! là ! un tableau ! mon Dieu, quel tableau ! "  A partir de ce moment, un lot de malheurs s’abat sur lui comme les sept plaies sur l’Egypte, si bien qu’il se met en quête du peintre, un certain Jean FAUGAS qui habite la capitale d’HAÏTI, Port-au-Prince. La seconde partie de la nouvelle est le récit de l’artiste, à la conquête de la couleur rouge, " le rouge caraïbe, le rouge des sangs-mêlés… " PEPIN, qui a lu BALZAC, sa " Peau de chagrin " et son " Chef- d’œuvre inconnu ", finira par comprendre pourquoi ce tableau est doté d’étranges pouvoirs, magiques, philosophiques.

Le charme de " L’écran rouge " vient aussi bien du traitement fantastique du thème que de l’histoire des Caraïbes qu’il englobe. Voilà une nouvelle qui parle d’identité. Mais ce qui retient l’intérêt, c’est le français particulier qu’utilise PEPIN pour écrire, un français coloré, déconcertant, original,chatoyant, dérangeant. Pour montrer aux adolescents qu’on peut s’approprier une langue pour la faire sienne et dire ce qu’on a à dire, " L’écran rouge " constitue un support idéal. Il ne faut pas oublier d’ajouter que la couverture dûe à Yann NASCIMBENE, l’illustrateur habituel de " Page blanche ", donne envie de dévorer ce petit livre élégant, qui plaira à de bons lecteurs et qui enchantera ceux qui aiment la bonne littérature.

FL-C-AN.GIF (1778 octets)

DOIGT.GIF (547 octets) Un si terrible secret " d’Evelyne BRISOU-PELLEN, Editions RAGEOT, Collection Cascade Pluriel.1997. 126 pages, 1050 CFP.

secret- 2.gif (29165 octets)

Auteur réputé de littérature de jeunesse, connue surtout pour ses romans sur le Moyen-Age, comme " La bague aux trois hermines ", Evelyne BRISOU-PELLEN nous propose avec " Un si terrible secret ", publié chez RAGEOT, un excellent roman qui évoque la seconde guerre mondiale et la Résistance avec une absence de manichéisme et de simplification qui fait plaisir et qui rassure. Oubliés les poncifs !

"  Tout a commencé le jour de Noël …" Nathanaëlle BLESTIN, 15 ans, élève de troisième, apprend, alors que la fête devrait battre son plein, la mort de ses grands-parents paternels, Pilou et Mamie, qu’elle adore. On les a retrouvés tous deux noyés dans vingt centimètres d’eau. Nathanaëlle estime que ce double décès n’est pas normal, et aux vacances de Pâques suivantes, elle part à LA BETINAIS, la maison bleue, synonyme pour elle de vacances heureuses et de bonheur familial. C’est tout le passé de ses grands-parents qui va ressurgir, et elle va découvrir que ces deux vieillards anodins cachaient bien des secrets. Qui étaient donc René BLESTIN et Elise JUGAN ? Quel rôle a joué dans leur vie Virgile DELAHAYE ? Que s’est-il passé entre le 22 et le 26 décembre 1943 ? En quoi consiste le " terrible secret " du titre ?

Le livre adopte la forme d’un cahier dans lequel l’héroïne consigne ce qu’elle éprouve et découvre. Outre le portrait sensible d’une adolescente, le roman d’ Evelyne BRISOU-PELLEN propose une sorte d’enquête dans le passé. Pour chacun d’entre nous , parents et grands-parents sont des inconnus sans tache. Nous rêvons de mieux les connaître mais cela nous effraie en même temps. L’auteur nous fait affronter ce fantasme. Elle évoque le monde de la Résistance sans simplisme : il y avait des héros et il y avait des salauds, mais les uns pouvaient être aussi les autres.

Livre passionnant, facile à lire, "Un si terrible secret " est une très grande réussite.

FL-C-AN.GIF (1778 octets)