Et que disent les journalistes ?


1. C'est déjà demain : Dimanche Matin, 14/12/97.

2. A la découverte d'un auteur : P.Gonthier : Dimanche Matin, 25/07/98.

3. "Horizons multiples" : supplément littéraire du Monde, 9/04/99.


C'est déjà demain

Article du journal Dimanche Matin du 14/12/97

La Dernière Mort d'Eloi Chamorro

de Pascal Gonthier

Roman noir, Editions Ile de Lumière, Zone d'ombre

188 pages. Prix public : 2400 F

D'un bout à l'autre de ce livre, dont l'histoire se situe au début du siècle prochain, le ton est désabusé, chargé d'un certain cynisme, style entretenant une atmosphère lourde, assez oppressante. Pascal Gonthier ne fait pas toujours dans la dentelle, son écriture est forte, une sorte de malaise existentiel en émerge. Mais ce roman noir est servi par des descriptions d'une grande richesse. L'auteur utilise en effet des images, que l'on peut rapprocher du style de Boris Vian - "Un essuie-glace fait le bruit d'un chat qui a les reins écrabouillés" -, parlant immédiatement à notre sensibilité.

Une lecture plaisir qu'il ne faut pas entacher en essayant de faire des parallèles avec la réalité politique du territoire. Pascal Gonthier insiste sur le côté pure fiction de ses écrits, et peut-être la noirceur de ces lignes ne sert-elle qu'à exorciser la peur d'un devenir incertain.

H.C.


À LA DÉCOUVERTE D'UN AUTEUR : PASCAL GONTHIER

Interview donnée au journal Dimanche Matin

le 25/07/98

Propos recueillis par Gilles GOBEROT du Sci-Fi Club.

 

- Pascal Gonthier depuis combien de temps écrivez-vous ?

- C'est presque une plaisanterie, mais je suis tenté de dire que j'ai commencé à écrire avant de savoir écrire. Étant gosse, je remplissais des cahiers et des cahiers avec des signes, des barres, des traits, des gribouillages. Ce n'était pas de l'écriture puisque je n'avais pas encore fait le C.P. Ensuite, je lisais les soi-disant histoires que j'avais écrites à ma grand-mère qui m'élevait.

 

- Quand avez-vous découvert la S-F ?

- À l'école primaire en lisant des livres de la collection Marabout Junior.

 

- Une B.D. ?

- Non, non. De petits romans de 150 pages. Mon auteur préféré était Henri Verne, créateur du héros auquel je m'identifiais : Bob Morane. Et ce Bob Morane vivait quelques aventures intergalactiques. Toujours chez Marabout, mais un peu plus tard, j'ai découvert Jean Ray et ses contes fantastiques.

 

- À quelle époque remontent vos premiers vrais écrits ?

- Au milieu des années 60. J'avais dix ou onze ans. C'étaient des histoires qui devaient beaucoup à Jean Ray et Henri Verne.

 

- La littérature américaine de S-F était-elle arrivée en Métropole ?

- Bien sûr. Mes premières lectures importantes dans ce domaine sont des livres de la collection " J'ai Lu ". Je me rappelle avoir adoré Lovecraft et Van Vogt pour son " Monde du non A ".

 

-Quels sont vos auteurs actuels en S-F ?

- Je dois avouer que je ne lis pas beaucoup de S-F. Le dernier bouquin très S-F que j'ai acheté ce doit être " Hypérion ". Pendant les dernières vacances, j'ai relu un ouvrage de Curval. J'ai été déçu. C'est ce qui arrive souvent quand on se replonge dans ses anciennes lectures. Parmi mes livres préférés en S-F, il y a évidemment " Dune ", un des piliers de ma bibliothèque, " Éon " de Greg Bear, " Jack Baron et l'éternité " de Spinrad, " Tous à Zanzibar de BrunnerŠ

 

- Quelle est votre bibliographie ?

- D'abord les 7 nouvelles parues dans le premier recueil du Sci-Fi Club "En d'autres temps, en d'autres lieux ".

 

- Pour mémoire, il s'agit du " Dernier mot ", de " Mort technique ", de " Passions ", de " Chantier ", du " Rêve de l'Homme-Varan ", de " C'est temps allé qui se dérobe " et d'" Ultima Terra ".

- Il y a également " A-t-on des nouvelles de M. de Lapérouse ? " édité par l'Association Salomon, un livre dont j'ai écrit la plus grande partie des textes même si mon nom figure à peine en cinquième page. J'ai également écrit, toujours sur Lapérouse, " Lapérouse un destin égaré " que l'on trouve chez " Grain de sable " et " La dernière mort d'Éloi Chamorro " publié par " Ile de Lumière ".

 

- Et les projets ?

- Je viens de terminer un second roman noir : " Une obscure attente ", un livre que j'espère voir publier avant la fin de l'année et une grosse nouvelle " La chute de Drexell Neuman " qui paraît en feuilleton dans le supplément T.V. des " Nouvelles calédoniennes ".

 

- Vous n'êtes donc pas uniquement un auteur de S-F ?

- Non. Je suis plutôt un auteur de roman noir. Vous savez, le destin de Lapérouse est un roman noir. Quant aux nouvelles publiées dans " En d'autres temps, en d'autres lieux ", certaines sont vraiment très très sombresŠ

 

- Quelles sont les raisons de ce choix ?

- Je crois que ce genre romanesque permet de décrire la société dans laquelle nous vivons, permet de lui présenter un miroir dans laquelle elle ne reconnaît pas forcément son meilleur reflet. Je pense que cette dimension, celle du roman noir, manque à la société calédonienne. Il faut qu'elle cesse de s'autocontempler.

 

- Étienne Dutailly en parlant de vous, dit que vous n'êtes pas pessimiste mais que vous ne voyez que le mauvais côté des choses ?

- Il est certain qu'il est difficile d'écrire un roman noir en ne voyant que le sable blanc, la mer bleue et le ciel sans nuages. Une société n'est complète que si elle assume toutes ses facettes. Les plus roses comme les plus noires. J'essaie d'écrire sur les parts d'ombre du pays dans lequel je vis depuis bientôt vingt ans.

 

- Dans " Chantier ", vous écrivez sur la sorcellerie, vous parlez de boucan. Est-ce seulement pour le folklore ?

- Non. J'ai passé mon enfance et mon adolescence à la campagne. Les histoires de sorciers y étaient courantes. Ensuite, à Lyon, j'ai suivi quelques cours d'ethnologie et d'ethnopsychiatrie. C'est là que j'ai commencé à structurer mes connaissances dans ce domaine, notamment avec les livres de Geza Roheim " Magie et schizophrénie ", de Jeanne Favret -Saada " Les mots, la mort, les sorts ", d'Alfred Métraux sur le vaudou haïtien ou de Carlos Castaneda " L'herbe du Diable et la petite fumée ".

Et en arrivant sur le Territoire, j'ai eu mon premier poste d'instituteur à La Foa. Les soirs, j'ai entendu plus d'une histoire de sorcellerie.

Mon dernier texte " La chute de Drexell Neuman " est essentiellement une histoire de boucan qui tourne mal.

 

- Vous y croyez ?

- Ce n'est pas une histoire de croyance, c'est une question de faits. Dans " Chantier ", un type se met à dégueuler chaque fois qu'il monte dans son véhicule. Il finit par trouver un paquet d'herbes caché derrière le pare-soleil. Des herbes aux vertus émétiques. Et puis il y a le pouvoir immense des mots, ces " virus mortels " dont parlent William Burroughs. Les mots s'introduisent en nous par toutes les fissures de notre mental. Et Dieu sait si nous en avons. Les mots une fois qu'ils se sont installés peuvent anéantir notre système nerveux central. Lorsque j'étais enfant, j'entendais souvent l'histoire de ce paysan qui avait refusé quelques sous à des Gitans. Ceux-ci lui avaient jeté un sort. Il entendait toutes les nuits le grésillement de la friture d'un ¦uf sur le plat. Tout ça parce que le jour où il avait mis les Gitans à la porte, il se faisait des ¦ufs à la poêle. Il en est devenu fou.

 

- Quels sont vos hobbies ?

- La lecture etŠ l'écriture.

 

- L'écriture n'est-elle pas en passe de devenir un travail ?

- Disons que ma passion devient parfois un second travail. Ce qui, pour moi, est quelque chose de formidable.

 

-À part la lecture et l'écriture, rien ?

- Le voyage. J'ai beaucoup voyagé pendant vingt ans. Maintenant je le fais un peu moins. Ou autrement.

 

- Des voyages touristiques ?

- Des voyages littéraires. J'ai fait mon premier grand voyage au Mexique lorsque j'avais 19 ans. Je venais de lire " Les Tarahumaras " d'Antonin Artaud. Ce sont des Indiens de la région de Chihuahua, au nord du Mexique. Je suis parti sur leurs traces dans la Sierra Madre occidentale. Une rencontre inoubliable qui a été la source de mon second roman "0° Équateur ". Un roman jamais publié.

Puis, il y a eu les États-Unis. Là, le moteur était la " Beat Generation ", Jack Kerouac, Lawrence Ferlinghetti, Ginsberg. Acheter " Open eyes, open heart " à " City Lights Books " à San-Francisco reste un des grands moments du voyage. Toujours aux U.S.A. j'ai également voulu voir " Big Sur ", sur la côte californienne, près de " Carmel-by-the-Sea " parce que j'étais un fervent lecteur d'Henry Miller. En Afrique, j'ai essayé de retrouver quelques images d'Hemingway.

Aujourd'hui je me cantonne à l'Europe du Sud : Portugal, Espagne, Italie, Grèce. Ce sont finalement les pays dans lesquels je me sens le plus à l'aise. J'y apprécie la mentalité des gens et la présence de l'Histoire.

 

- Et le Pacifique ?

- Un grand voyage dans le bush australien, Mont Isa, Alice SpringŠ en me remémorant Bruce Chatwin et son" Chant des pistes ", 11 OOO km en 28 jours. Plusieurs séjours en Nouvelle-Zélande, presque toutes les îles de VanuatuŠ Singapour pour l'hôtel " Raffles " et Somerset MaughanŠ

 

- Quelle est votre méthode de travail ? L'imagination pure et dure ?

- C'est très variable ! Une nouvelle comme " Ultima Terra " s'est pratiquement écrite en une seule fois. L'idée était là, les phrases presque constituées. Je n'avais plus qu'à écrire. Alors que " C'est temps allé qui se dérobe " a été remise cent fois sur l'écran de mon Mac. Au niveau des romans, c'est la même chose. " La dernière mort d'Éloi Chamorro " a été travaillé et retravaillé alors qu'" Une obscure attente " a été écrit d'un seul trait en moins de trois mois.

Quant à la méthode même, c'est une sorte de puzzle. Je note des phrases, des idées, des plans, des descriptions, des dialogues d'abord sur des carnets, puis je les travaille sur ordinateur. Et lorsque je me lance dans une histoire, les pièces du puzzle s'imbriquent les unes dans les autres. Parfois très facilement, parfois plus laborieusement. Mais l'essentiel, je crois, est de voir et de noter.

 

- Vous travaillez sur plusieurs textes à la fois ?

- Oui. Comme je ne peux lire un seul livre à la fois, je ne peux me fixer sur un seul texte. Je vais de l'un à l'autre. C'est un délassement de l'esprit que de passer d'un roman à une nouvelle, d'une lettre à mon journal intime en passant par l'écriture des rêves dont je me souviens à mon réveil.

 

- Et que lisez-vous en ce moment ?

- " Le livre noir du communisme ", un livre que je recommande à tous ceux qui persistent à vouloir placer l'idéologie au-dessus de l'homme ; le deuxième tome des " Petits traités " de Pascal Quignard qui nous rappelle le triple commandement de Flaubert : Etre " clair comme du Voltaire, touffu comme du Montaigne, nerveux comme du La Bruyère " ; et " Moloch " un polar de Thierry Jonquet.

 

- L'action dans vos écrits se déroule toujours en Nouvelle-Calédonie. Pourquoi ? Pourquoi ne pas vous servir de vos voyages et écrire un roman ayant pour cadre Rome ou le Mexique ?

- Je vis en Nouvelle-Calédonie et je veux être lu en Nouvelle-Calédonie. Ce Territoire est suffisamment riche pour que toutes les histoires puissent s'y dérouler. Mon but n'est pas de faire de petit récit très calédonien mais de m'approcher de l'universel à travers des histoires qui se vivent ici.

C'est vrai que cela comporte un risqueŠ insulaire, dirais-je. Toute description d'un personnage, toute critique passant à travers les pensées d'un personnage sont vécues comme des attaques personnelles par Untel ou Unetelle. La solution passe peut-être par une Calédonie d'un million d'habitants, voire plus. Le Grand Nouméa malgré ces 100 ou 120 000 habitants reste un village dans la mentalité des Calédoniens. On continue à s'y comporter comme dans les années 50.

 

- Venons-en au milieu culturel calédonien. Quel est l'état des lieux pour vous ?

- Le milieu culturel européen est à l'image de la société calédonienne. Une société qui s'auto-contemple, une société très satisfaite d'elle-même, une société qui ne cesse de se trouver tellement belle, tellement gentille, tellement douée. En fait, dans son ensemble, elle se contente du passé. Elle a gardé des structures anciennes. L'art ne peut se faire qu'en réaction. Il doit être violent. Ce n'est pas en peignant des paysages de bords de mer ou des bouquets de fleurs, en sculptant des flèches faîtières et des chambranles qu'on construit une culture.

 

- Comment voyez-vous les vingt prochaines années ?

- Durant ces vingt prochaines années, j'aimerais voir la jeunesse bouger, mais bouger positivement c'est-à-dire ailleurs qu'en boîte de nuit, sur les planches à voile ou sur les courts de tennis du Ouen Toro. J'aimerais qu'elle prenne en mains la destinée de cette île. J'aimerais qu'on la retrouve dans le milieu culturel et non plus se pâmant devant la " zique " ( comme ils disent ) de N.R.J. À ce sujet, une anecdote. Lors de l'Université de la Communication, une jeune fille a osé dire en direct à la télévision : " La censure existe en Nouvelle-Calédonie ". Toute la salle a applaudi. Sauf les personnalités du premier rang. Ses propos ont même valu à cette jeune fille quelques lignes dans le journal Le Monde. Un an plus tard, durant l'émission Place des Cocotiers, la même jeune fille s'excuse. " on m'a mal compris. " dit-elle. Elle est redevenue très gentille. C'est un peu désespérant.

J'aimerais encore que ces années voient la naissance d'une vraie citoyenneté calédonienne - elle est en filigrane dans les accords de Nouméa -, mais pour que cette citoyenneté calédonienne existe, il est nécessaire que le peuple autochtone cesse de se penser comme le peuple élu, qu'il cesse de vouloir régir la Nouvelle-Calédonie en disant aux autres ethnies, vous les deuxièmes arrivants taisez-vous, vous les troisièmes, fermez-là.

 

- Pour vous, que deviendrons-nous dans cinquante ans ?

- Je ne vous parlerai pas de progrès techniques, de vies prolongées jusqu'à 200 ans ou plusŠ Dans 50 ans, la Calédonie sera certainement indépendante. Ce qui me fait un peu peur parce qu'il y a peu d'exemples de d'indépendance réussie. La vie à Vanuatu, à Djibouti ou dans les Comores donne un peu froid dans le dos.

- Revenons à la littérature. Qu'en est-il de l'édition en Nouvelle-Calédonie ? Existe-t-il des cercles littéraires ?

- Il y a deux ans, nous avons créé l'Association des Écrivains calédoniens. Nous nous réunissons une fois par mois. Mais ce n'est pas un mouvement littéraire. C'est simplement une agrégation d'individualités.

 

- De quoi parlez-vous durant les réunions de l'Association ?

- Oh ! de choses et d'autres. Nous aimerions davantage rencontrer nos lecteurs de brousseŠ Nous avons aussi un projet de livre en commun, il s'agit d'écrire un petit texte accompagnant des portraits de personnes âgées photographiées par Alain Pactat.

 

- C'est le projet qui a reçu les Nickels de l'initiative ?

- En effet.

 

- Étienne Dutailly dit qu'il n'y a pas encore de littérature calédonienne. Etes-vous d'accord avec lui ?

- Globalement, oui. Je crois que ce pays en sera vraiment un lorsqu'il aura une littérature qui décryptera le monde calédonien autrement qu'à travers les " Nouvelles " ou R.F.O. Je veux dire par là, qu'il faut cesser de s'intéresser à la surface des choses. Les poèmes, les nouvelles, les récits de vie, les rééditions, c'est très bien, mais le roman c'est encore mieux.

 

- Combien y a-t-il d'éditeurs sur le Caillou ?

- Les deux plus " grands " sont " Grain de sable " et " Ile de Lumière ", à côté d'eux on trouve les éditions du " Cagou ", en fait " Hachette Nouvelle-Calédonie " et vous, le " Sci-Fi Club ". Mais peut-on vraiment parler d'éditionŠ Le suivi des parutions n'est pas assuré et les livres demeurent soit du bricolage soit des rééditions très subventionnées.

 

- Y a-t-il de la place pour une autre forme d'édition ?

- La solution passe certainement par des coéditions avec des éditeurs métropolitains. Ici, l'édition n'est pas viable pour les auteurs. Quand on réussi à vendre 1 000 exemplaires en trois ou quatre ans, c'est formidable.

 

- L'auteur qui veut publier s'engage-t-il financièrement ou est-ce l'éditeur qui prend tous les risques ?

- Il y a plusieurs cas de figure. L'auteur peut payer intégralement l'édition, l'éditeur n'est alors qu'un prestataire de service et l'auteur recueille tous les bénéficesŠ s'ils existent. L'auteur peut aussi participer à l'édition, il paye la moitié des frais et est remboursé peu à peu par l'éditeur ou il a 50% des bénéfices. Dernier cas de figure, l'éditeur prend tous les risques. C'est très rare en Calédonie ou alors signe que l'éditeur marche à la subvention.

 

- Pour conclure ?

- Un souhaitŠ Qu'un jour il existe des Guignols calédoniens de l'Info. Le journal satirique " Le chien bleu " est déjà une création qu'il faut saluer. Mais tiendra-t-il au-delà de quelques mois ?

 

 

Propos recueillis par Gilles GOBEROT du Sci-Fi Club.


HORIZONS MULTIPLES

Article de Jacques Baudou

extrait du "Monde des livres de poche"

dans le supplément littéraire du Monde

le 9/04/99

Après avoir présenté les différentes nouvelles de La grande anthologie de la science-fiction, régulièrement orchestrée par Gérard klein et publiée en livre de poche, Jacques Baudou évoque en ces termes "Le dernier mot" de Pascal Gonthier :

(...) Entre aussi dans cette catégorie Le dernier mot de Pascal Gonthier, extraite d'un recueil publié en Nouvelle-Calédonie, ce qui donne une touche exotique à ce conte philosophique à la chute ironique.