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La Nouvelle-Calédonie aujourd’hui : mutations et perspectives, rayonnement régional.

dimanche 1er août 2010 par Jean-Bernard FAYARD

Thème : « La Nouvelle-Calédonie aujourd’hui : mutations et perspectives, rayonnement régional. »

Commentaire du thème dans le programme adapté : « L’étude de l’économie de la Nouvelle- Calédonie doit être abordée de manière à montrer son insertion dans le monde économique actuel, on traite les aspects suivants :

  • l’économie minière et métallurgique : il s’agit de montrer la richesse minière de la Nouvelle- Calédonie (« un bloc de nickel » : 9% des réserves mondiales).On souligne l’impact des fluctuations du nickel (boom, crises) sur l’économie calédonienne et le rôle du nickel comme facteur de la politique de rééquilibrage et élément clé des projets de développement.
  • La diversification des activités : on présente l’émergence de nouvelles activités primaires (aquaculture, pêche, maraîchage, amélioration de l’élevage) et du tourisme.
  • Les tentatives d’ouverture : on montre les efforts réalisés par la Nouvelle-Calédonie pour s’insérer dans le monde actuel par l’étude du commerce extérieur (partenaires, produits échangés et balance commerciale) et des liaisons maritimes et aériennes. On souligne également les difficultés rencontrées et la dépendance vis-à-vis du monde extérieur. »

Notions-clés : Politique de rééquilibrage, projets miniers et métallurgiques, diversification des activités, dépendance vis-à-vis du monde extérieur, transferts financiers.

 I Orientations

La question de la Nouvelle-Calédonie d’aujourd’hui s’insère dans « La Nouvelle- Calédonie » depuis 1945 », deuxième séquence du bloc IV : « La France et la Nouvelle- Calédonie. » Son étude peut intervenir aussi bien après avoir abordé l’histoire de la Nouvelle-Calédonie depuis 1945 qu’en introduction au thème : la Nouvelle-Calédonie. Le programme adapté prévoit de consacrer 5 ou 6 heures à cette question. On commence l’étude par une localisation des hommes et des activités à l’aide de cartes et de graphiques. Cette approche permet de mettre en évidence le déséquilibre spatial de la population et des activités en Nouvelle- Calédonie et d’induire la nécessité d’un rééquilibrage économique.

Dans ce sens, on dresse un tableau de l’économie calédonienne en insistant sur les mutations récentes et surtout sur ses perspectives. On consacre une heure ou plus à l’étude de l’activité minière et métallurgique en Nouvelle-Calédonie (visite par exemple de l’usine de Doniambo ou d’un centre minier dans l’intérieur). On montre son caractère fondamental en termes d’emplois, de richesse produite et son effet d’entraînement négatif ou positif sur le tissu économique (boom et crises). On aborde les projets industriels du sud et du nord en faisant apparaître leur poids dans la perspective de rééquilibrage et dans le développement économique de l’archipel.

On insiste sur la nécessité pour la Nouvelle- Calédonie de développer d’autres secteurs afin d’éviter les travers de la mono-activité. On montre la volonté toujours affichée de développer le tourisme mais aussi l’aquaculture. On mesure leur impact en terme de création d’emplois et de richesse mais aussi de rééquilibrage. Le dernier volet de cette étude met en évidence la place de la Nouvelle-Calédonie dans le commerce mondial, ses principaux partenaires et sa forte dépendance vis-à-vis des importations, signe de l’insuffisance de ses productions et de l’importance de la consommation.

On fait comprendre aux élèves que le développement de la Nouvelle-Calédonie est un enjeu fondamental pour lequel les décideurs d’aujourd’hui élaborent des stratégies. Ainsi, les élèves lors de leur scolarité en collège sont confrontés à ces choix ou ces projets. Ils sont amenés à les discuter ou à en proposer d’autres afin d’appréhender les mutations et les perspectives de l’économie calédonienne en qualité de futurs acteurs.

 II MISE AU POINT SCIENTIFIQUE

Les documents mentionnés dans cet approfondissement figurent dans le support documentaire qui suit.

 I – Les principales caractéristiques de l’économie calédonienne.

Avec une population estimée à 230 789 habitants en 2005 selon les résultats du recensement de 2004, la Nouvelle-Calédonie se place parmi les pays les plus riches de l’Océanie avec un PIB estimé à environ 2 millions de F CFP par habitant contre 2,7 millions pour l’Australie, 2,1 millions pour la Nouvelle-Zélande, 1,6 million pour la Polynésie française, 480 000 F CFP pour Fidji et 420 000 CFP pour le Vanuatu (France : 2,7 millions de F CFP).D’après les données de l’édition 2006 de l’ IEOM . Toutefois comme le souligne Chantal Le Guillou dans L’Outre-mer français dans le Pacifique, « La supériorité du PIB par habitant par rapport aux voisins insulaires n’est que partiellement la conséquence d’une ressource propre telle que l’exploitation du nickel en Nouvelle- Calédonie. La cause essentielle en est l’aide financière directe ou indirecte considérable de l’État. ». En 2003, le Trésor public a comptabilisé 98,6 milliards de F CFP de dépenses de l’État en Nouvelle-Calédonie alors que les recettes liées aux exportations de nickel ont atteint 61,7 milliards de F CFP).

Document 1. Tableau : contribution des secteurs et des branches d’activité au PIB néo- calédonien en 1998 et en 1999 (Source ISEE)

Le document 1 montre les caractéristiques principales de l’économie calédonienne :

- La prédominance du secteur tertiaire qui représente les trois quarts de la richesse produite bénéficie des transferts de l’État à hauteur de 26 % du PIB aussi bien par les salaires versés aux administrations que par les commandes aux entreprises. La place importante du commerce à l’origine de 13 % du PIB et qui emploie presque 9 000 personnes est liée à l’isolement géographique de la Nouvelle- Calédonie et à l’augmentation des importations dont il dépend à plus de 80 %. Ce poids du commerce est conditionné par un haut niveau de vie général.

  • Le secteur du nickel, extraction et métallurgie confondues, représente toujours la principale activité productive qui joue un rôle moteur dans l’économie calédonienne quelles que soient les fluctuations des cours mondiaux.

- Le poids très faible de l’agriculture marchande (2 % du PIB en 1999) qui a cependant une fonction essentielle pour l’emploi et la répartition des activités et des hommes.

 II - Nouméa et le « désert calédonien ».

Document 2. La Nouvelle-Calédonie : un archipel présentant un déséquilibre majeur entre le Grand Nouméa, la Brousse et les îles.

Document 3. Nouméa, un centre capital (D’après « Géo-Pacifique des espaces français » 1994

Document 4. Carte de l’économie de la Nouvelle-Calédonie. (D’après l’Atlas d’Outre- mer.Nathan-2006)

Les documents présentent le déséquilibre spatial de la répartition des hommes et des activités entre les trois provinces et l’hypertrophie ou macrocéphalie du Grand Nouméa (Nouméa 91 386 habitants, Mont-Dore 24 195 habitants, Dumbéa 18602 habitants, Païta 12 062 habitants) qui rassemble 63 % de la population et 80 % des activités. L’exode rural s’est accentué avec la pression des événements politiques des années 80 mais aussi du fait de la diminution du nombre des exploitations agricoles qui constituaient pour les régions hors Nouméa un facteur d’enracinement. Ce constat met en évidence la nécessité évoquée dans les accords de Matignon et dans l’Accord de Nouméa d’un rééquilibrage économique en faveur de l’intérieur et des îles Loyauté afin de fixer les populations dans leur région d’origine.

 III Quelles sont les mutations et les perspectives des activités traditionnelles de l’économie calédonienne ?

A - Les mutations de l’agriculture en Nouvelle-Calédonie

D’après le rapport de l’Institut d’Emission d’Outre-Mer de 2003, « l’agriculture occupe une place centrale dans la société calédonienne avec des cultures vivrières en tribus et des grands élevages extensifs sur la côte Ouest. Elle ne contribuait que pour 1.3 % à la formation du produit intérieur brut en 1999. Elle conserve cependant une fonction essentielle pour l’emploi (4.3 % de la population salariée en 2003) et pour l’aménagement du territoire. La superficie agricole utilisée subit la contrainte d’une géographie souvent peu propice (relief montagneux de la côte Est, grandes plaines peu fertiles et sèches de la côte Ouest) de sorte qu’elle représente à peine 10 % de la superficie totale de la Nouvelle-Calédonie ».

Documents 5 a, b et c. Ta bleaux de statistiques

Comme les documents le montrent, les productions végétales ont généralement fortement augmenté depuis une dizaine d’années alors que le nombre d’exploitations et d’actifs agricoles diminuait. Cette situation peut s’expliquer par la modernisation et l’agrandissement de certaines exploitations et par l’abandon de nombreuses petites exploitations familiales ou vivrières peu rentables dans un contexte d’exode rural.

Les dernières données sur l’agriculture montrent que la production agricole locale couvre environ la moitié des besoins et que certaines cultures sont même exportées comme le squash et le letchi. Ces cultures marchandes sont principalement situées sur la côte Ouest. On remarque la progression des tubercules tropicaux, productions de l’agriculture en milieu tribal, cultures traditionnelles de subsistance, mais aussi, de nos jours, de commercialisation qui se vendent sur le marché de Nouméa comme sur les marchés et foires de l’intérieur et des îles.

B - L’extraction minière et la métallurgie, moteurs de l’économie calédonienne

Depuis plus d’un siècle la filière nickel, est un élément-clé du développement de la Nouvelle- Calédonie tant pour l’emploi et la richesse qu’elle génère que pour l’aménagement du territoire. Cependant, cette activité est très dépendante des cours mondiaux et peut, par le poids qu’elle représente dans l’économie calédonienne, être à l’origine de périodes de croissance et de crise. Ce fut notamment le cas du « Boom » de 1969 à 1972, période durant laquelle la production de nickel dopée par la demande mondiale, augmenta considérablement. Cette phase de prospérité entraîna dans son sillage les autres secteurs de l’économie calédonienne pour retomber quelques temps plus tard dans une récession lourde de conséquences dans le domaine social. L’histoire semble se renouveler puisque les cours mondiaux sont à la hausse du fait d’une forte et durable consommation mondiale. L’augmentation de la demande de nickel a été particulièrement spectaculaire en Chine, à Taiwan et en Corée du Sud, ces dernières années.

Document 6 a, b et c. La place du nickel sur le territoire calédonien et dans le monde.

La Grande Terre possède selon les estimations 9 % des réserves mondiales de nickel et réalise entre 10 et 12 % de la production mondiale.

Document 7 a, b et c. Mines et métallurgie en Nouvelle-Calédonie

Le minerai présent en NC est du minerai oxydé communément appelé garniérite et latérite. En 2003, plus de 51 % du minerai extrait est exporté en l’état vers le Japon ou l’Australie tandis que 49 % est traité localement à l’usine de Doniambo.

Ce minerai subit une transformation dans l’usine métallurgique de la Société Le Nickel, (filiale du groupe ERAMET) à Doniambo, ce qui permet de valoriser la production. Cette usine installée sur un terre-plein à l’entrée de Nouméa, produit 80 % de ferronickel d’une teneur en nickel d’environ 28 % et 20 % de mattes d’une teneur de 75 % de nickel. Les ferronickels sont utilisés directement par la sidérurgie pour la production d’aciers inoxydables. Les mattes sont raffinées à Sandouville, près du Havre, dans une usine appartenant à Eramet afin d’obtenir du nickel métal d’une grande pureté (à 99.99%), notamment utilisé dans les superalliages pour l’armement ou l’aérospatiale.(Document 7 c) Depuis quelques années, de nouvelles perspectives se dégagent pour la filière nickel. En effet, face à la demande croissante de nickel dans le monde qui se confirme ces derniers mois avec le développement du géant chinois, des projets d’extension de la production et de construction d’usines métallurgiques se dessinent en Nouvelle-Calédonie.

  • Le projet d’extension de la production par la SLN. La SLN s’est lancée en 2000 dans un projet d’augmentation de sa capacité de production de 60 000 tonnes à 75 000 tonnes d’ici 2008. Elle a dans ce but installé un nouveau four électrique DEMAG d’une puissance de 75 mégawatts entré en service en juin 2004. L’augmentation de l’extraction de minerai nécessaire fait progresser de 40 % l’effectif de la mine de Tiébaghi dont les infrastructures ont été renouvelées (extraction, unité de préparation du minerai, installation d’un convoyeur à bandes pour le chargement des minéraliers).

Document 8 a et b. Comparaison synthétique des deux projets d’usines métallurgiques

  • Le projet Koniambo (usine du Nord). Le projet d’usine métallurgique du Nord associe la SMSP (Société des Mines du Pacifique Sud) détenue par la SOFINOR (Société de Financement de la province Nord) à l’entreprise canadienne Falconbridge rachetée par le groupe anglo-suisse Xstrata. Le projet vise l’exploitation du massif de Koniambo pour alimenter une usine pyrométallurgique (par fusion des garniérites, comme à l’usine de Doniambo) d’une capacité de 60 000 tonnes par an sur le site de Vavouto suer la commune de Voh à l’horizon 2009. Ce projet devrait générer à terme environ 870 emplois directs et 2 000 emplois induits, ce qui deviendrait un facteur important de rééquilibrage en faveur de la province Nord.
  • Le projet Goro-Nickel (usine du Sud). Il s’agit dans un premier temps d’exploiter le site de Goro. Ce projet prévoit la construction d’une usine hydrométallurgique d’une capacité annuelle de 60 000 tonnes de nickel et 4 500 tonnes de cobalt, d’un port, d’une usine de traitement du minerai et d’une base vie pour les employés. Ce projet, porté par la société canadienne INCO, devrait générer à terme près de 2 500 emplois directs et indirects. L’usine de Goro Nickel serait en mesure de livrer ses premières tonnes de nickel et de cobalt fin 2007. En 2006, le projet s’est heurté à un certain nombre de problèmes liés aux revendications écologiques et coutumières exprimées par le comité Rheebu Nuu (l’œil du pays) et le Caugern.

 IV - Une économie en voie de diversification.

À côté de ce secteur fondamental de l’économie calédonienne, le développement de nouvelles activités permettant une diversification et un rééquilibrage fait l’objet d’une profonde attention de la part des pouvoirs publics.

A - L’enjeu du tourisme : comment le tourisme participe-t-il au développement économique de la Nouvelle-Calédonie ?

Document 8 a, b, c, d et e. L’activité touristique en Nouvelle-Calédonie

L’activité touristique revêt une importance considérable par sa contribution à la production marchande (environ la moitié de celle de la filière nickel en 2003) et par les emplois directs et indirects qu’elle génère, à peu près autant que la mine et la métallurgie réunies. (Voir à ce propos le document 7 p 32 de l’ouvrage :Le tourisme enseigné dans les collèges en Nouvelle- Calédonie) . Cette activité est très fortement implantée dans la province Sud et surtout à Nouméa (85 % de la capacité d’hébergement) On peut consulter le site internet de la ville de Nouméa qui contient des photographies panoramiques du front de mer de l’Anse Vata très utiles. Elle se développe également dans les autres provinces, souvent à l’initiative ou avec l’aide des pouvoirs publics convaincus qu’elle peut être un facteur de rééquilibrage. L’évolution du nombre de touristes en Nouvelle-Calédonie atteste le caractère fragile de cette activité, sensible aux événements politiques intérieurs et à la situation économique et politique internationale. La croissance des arrivées a été interrompue durablement durant la période des « événements » et pendant les années 1998 et 1999 marquées par la crise économique asiatique. Cette crise a touché durement le Japon principal pays émetteur de touristes vers la Nouvelle-Calédonie avec la France métropolitaine. 60 % des touristes viennent de la zone Pacifique (Japon, Australie, Nouvelle-Zélande) même si les visiteurs de Métropole constituent toujours un groupe important (27 727 en 2005 principalement pour un tourisme affinitaire).

Document 9. Quelles perspectives pour le tourisme en Nouvelle-Calédonie ?

Depuis quelques années le nombre de visiteurs stagne autour de 100 000 par an ce qui met en évidence la difficulté de développer cette activité, même si la Nouvelle-Calédonie dispose d’atouts naturels et humains considérables (voir à ce propos l’ouvrage : Le tourisme enseigné dans les collèges en Nouvelle-Calédonie). Dans la région pourtant, de 1998 à 2004, la Polynésie française a vu le nombre de visiteurs passer de 166 000 à 213 000, et Fidji de 319 000 à 431 000. Il est donc clair que cette activité doit être optimisée afin de se développer et bénéficier pleinement des perspectives de doublement du tourisme mondial prévu dans les vingt prochaines années. Dans l’immédiat, afin de relancer le secteur du tourisme, les pouvoirs publics (Etat et provinces) et les professionnels se sont réunis les 9 et 10 novembre 2004 à Nouméa. Ils doivent élaborer un plan de développement concerté dont les premières pistes figurent en annexe. Toutefois le tourisme de croisière progresse depuis quelques années. 81 215 croisiéristes ont fait escale en Nouvelle-Calédonie en 2005 contre 20 000 en 1998. Ces bons résultats sont cependant soumis à variation en fonction des itinéraires choisis par les paquebots de croisière. Même si cette augmentation est conjoncturelle, le développement ces dernières années du tourisme de croisière dans le monde pourrait conforter la situation actuelle et voir des escales comme Poum, l’île des Pins, Lifou et Hienghène profiter davantage de la manne touristique.

B - L’aquaculture : la deuxième activité exportatrice de la Nouvelle-Calédonie.

L’aquaculture calédonienne est principalement représentée par la filière crevettes. Mais l’élevage d’écrevisses et l’ostréiculture se développent dans la Province Sud autour des centres de Dumbéa, Païta et Bouloupari.

Document 10. L’aquaculture en Nouvelle-Calédonie

L’aquaculture des crevettes ou la crevetticulture est une activité récente en Nouvelle- Calédonie. Elle occupe déjà une place importante dans la production calédonienne. Elle bénéficie d’atouts favorables pour ce marché comme : la présence sur la côte ouest de nombreux sites propices à l’aménagement de fermes d’élevages de crevettes (vastes espaces plats à proximité d’une mer régulièrement chaude) , une maîtrise des techniques de production qui fait de la crevette calédonienne ( la Penaeus stylirostris) un produit de qualité internationale. Les 13 fermes actuellement en activité utilisent 524 ha dont 471 sont consacrés à l’exportation et 53 au marché local.Ces fermes sont pour la plupart fédérées autour du Groupement des fermes aquacoles (GFA). Cette filière en pleine croissance, crée des emplois en brousse. Elle est cependant très fragile et fait l’objet d’un soutien important de la part des pouvoirs publics. Outre les risques naturels et les problèmes techniques, la production calédonienne qui ne représente que 1 % du marché mondial, est confrontée à la concurrence des gros producteurs que sont les pays émergents comme la Thaïlande, l’Équateur, la Chine, l’Indonésie , le Viêt- Nam, Madagascar ou le Brésil. Ces Etats bénéficient d’un coût de main d’œuvre et de frais de transport moindres. Les producteurs calédoniens ont donc choisi de s’unir dans la Société des producteurs aquacoles calédoniens (SOPAC) afin d’établir une stratégie commune visant la valorisation de la crevette calédonienne par la mise en place d’un label « Atout Qualité Certifié ». Ce label est un gage de qualité pour les clients de la filière et permet de valoriser au mieux un produit haut de gamme. L’aquaculture calédonienne est intégrée verticalement. Elle comprend des provendiers, c’est- à-dire des fournisseurs d’aliments, des écloseries spécialisées dans la production de post- larves, des fermes d’embouche pour l’ensemencement et un atelier de conditionnement et de commercialisation. Cette activité offre de sérieuses perspectives de développement. Encouragés par les résultats de la filière ces dernières années, de nombreux projets sont en cours. La province Nord offre le plus grand potentiel de sites naturels susceptibles d’être exploités. À l’horizon 2007, la Nouvelle-Calédonie devrait compter entre 400 ha et 550 ha de bassins supplémentaires pour atteindre une superficie totale de 1 000 ha. L’étude conduite par l’Observatoire de la filière aquacole de Calédonie montre que la production devrait passer de 1 800 tonnes à 5 000 tonnes par an dans un délai de quatre à cinq ans. D’autre part, pour faire face à la saisonnalité de la production et à l’accroissement prévu des volumes, un deuxième atelier de transformation situé à Koné, vient d’être réalisé. Cet investissement bénéficie d’une importante mesure de défiscalisation signe de l’intérêt porté à la filière par les pouvoirs publics. En effet, l’aquaculture joue un rôle important dans le rééquilibrage économique, surtout en faveur de la province Nord.

 V - Une dépendance vis-à-vis du monde extérieur.

Document 12. Les échanges extérieurs de la Nouvelle-Calédonie

Les derniers chiffres du commerce extérieur de la Nouvelle Calédonie laissent apparaître un redressement du déficit de la balance commerciale. Le taux de couverture des échanges extérieurs en 2 004 est de 62.9% alors qu’il avoisine les 50 % depuis plusieurs années.Ce résultat est principalement dû à la très bonne tenue des cours du nickel depuis deux ans. En effet, les exportations de la Nouvelle-Calédonie sont largement dominées par le secteur du nickel qui représente en 2004, 91% de leur valeur totale suivies dans une très faible mesure par les produits de la mer. L’évolution des exportations depuis 1995 fait apparaître : la prédominance en valeur des produits métallurgiques sur les produits miniers confortant l’intérêt de la construction de deux nouvelles usines pour l’économie de la Nouvelle- Calédonie et le caractère cyclique du secteur du nickel fortement influencé par la conjoncture des marchés mondiaux. Ce dernier point illustre parfaitement ce que nous disions sur l’évidente nécessité de diversifier l’économie calédonienne. L’analyse des importations révèle une économie très dépendante de l’extérieur pour l’alimentation, les biens d’équipement et de consommation ainsi que pour l’énergie. Elle montre la faiblesse de la production locale et la très bonne tenue de la consommation liée à une population dotée globalement d’un bon niveau de vie. Les principaux fournisseurs de la Nouvelle-Calédonie en 2004 sont encore l’Union européenne (56%) mais l’Asie (Japon, Singapour..) progresse fortement. Les pays proches, l’Australie et la Nouvelle-Zélande font actuellement l’objet de toutes les attentions de la part des pouvoirs publics qui considèrent l’accroissement de ces échanges comme une chance pour la Nouvelle- Calédonie.

 VI - Le rayonnement régional.

Sur cette question, on peut se référer à :  : l’Education civique en Nouvelle-Calédonie :

- La solidarité entre la Nouvelle-Calédonie et ses voisins du Pacifique par Dominique Barbe.

- Solidarité et coopération internationale dans le domaine de la santé en Océanie par Antoine Picazo et Claudine Poustis-Bouyé.

- La Nouvelle-Calédonie et les organisations régionales du Pacifique par L. Steinmetz.


Documents joints

La Nouvelle-Calédonie aujourd’hui

1er septembre 2010
Document : PDF
3 Mo

Document d’accompagnement du programme de troisième réalisé en 2005. Concerne l’économie calédonienne.


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